Les Journées constituantes littéraires de la traduction et l’écriture «Abou Laïd Doudou» (1934-2004), se sont ouvertes, hier matin, à la Bibliothèque principale de lecture publique de Jijel en présence d’un aréopage d’universitaires, dont certains ont côtoyé ou étudié auprès de cet l’illustre universitaire, écrivain et traducteur. Cette première, qui deviendra un rendez-vous annuel, est organisée par la Bibliothèque principale de lecture publique de Jijel. Elle accueille, notamment, le non moins éminent universitaire, écrivain et traducteur, Saïd Boutadjine, qui préside le Comité d’organisation.
Lors de cette première journée, le public a pu écouter des interventions d’universitaires de renom, comme l’octogénaire Amar Bouhouche, ainsi que d’anciens étudiants devenus collaborateurs du défunt, notamment Abdelmadjid Hanoune et Abdelhamid Bourayou. S’étalant du 17 au 19 décembre 2024, ces journées rendent hommage à l’universitaire polyglotte, Abou Laïd Doudou. Né à Tamendjar dans la commune d’El Ancer (wilaya de Jijel), il a d’abord suivi des cours à l’école coranique avant de s’inscrire, en 1947, à l’institut Benbadis de Constantine.
En 1951, il rejoint l’université de la Zitouna en Tunisie avant d’aller à Baghdad, en Irak, étudier la littérature arabe. Diplômé en 1956, il est envoyé par le FLN en Autriche, pour étudier à l’université de Vienne la littérature comparée. Cette opportunité lui permettra de devenir polyglotte, maîtrisant, en plus de l’arabe et du français, l’allemand, le latin et l’anglais. Muni d’un doctorat en littérature comparée obtenu en 1961, il enseigne à l’université de Kiel, en Allemagne, avant de rejoindre l’Algérie après l’indépendance acquise.
Abou Laïd Doudou fut le traducteur de plusieurs œuvres critiques et littéraires de l’allemand vers l’arabe. Il a, également, été le premier à introduire l’enseignement de la littérature comparée en langue arabe à l’université d’Alger. Parmi ses traductions notables figurent, «L’œuvre d’art en littérature» de Wolfgang Kayser, «L’origine de l’œuvre d’art» de Martin Heidegger, «L’œuvre d’art littéraire» de Roman Ingarden, des pièces théâtrales, comme «L’invité de pierre» d’Alexandre Pouchkine, «Le jardin de l’amour» de Frederico Garcia Marquez.
Il s’est également intéressé aux récits des voyageurs allemands en Algérie, qui figurent parmi ses traductions les plus appréciées. Par ailleurs, il est l’auteur d’une des meilleures traductions en arabe de «L’âne d’or» d’Apulée de Madaure. De même qu’il a écrit lui-même des œuvres comme «Livres et personnalités» (1971), «Etudes de littératures comparée» (1981) et «Le poète et son poème» (1986). On lui reconnaît l’édition de 35 ouvrages, alors que des manuscrits demeurent encore en l’état. Nous y reviendrons.
Par : Fodil S.










