L’Algérie s’est graduellement éloignée de son fournisseur habituel de blé pendant de longues années, qui est la France, se réorientant vers de nouveaux marchés.
S’il était de notoriété que, durant ces toutes dernières années, l’Algérie se fournissait depuis la Russie, et en moindre mesure, l’Ukraine, il semble que depuis le début de cette année, un nouvel acteur s’est ajouté à la liste.
Ainsi, selon l’agence d’information « APK Inform », l’Algérie a acheté, de janvier à novembre, près de 400 000 tonnes de blé pour une valeur de 100 millions de dollars, depuis le Kazakhstan.
« De janvier à novembre 2025, le Kazakhstan a exporté pour la première fois un important volume de blé vers l’Algérie : 390.000 tonnes, pour une valeur de plus de 100 millions de dollars », a indiqué l’Agence citant le ministère kazakh des Affaires étrangères.
« APK Inform » a tenu à rappeler que « lors des saisons précédentes seules 20.000 tonnes de blé kazakh avaient été exportées vers l’Algérie : 5.000 tonnes en octobre 2017 et 15.000 tonnes en octobre 2007 ».
Pour dire que les quantités de cette année représentent une importante transaction.
« Le ministère note que cette hausse des exportations a été largement facilitée par les subventions publiques au transport accordées en 2025, ainsi que par un large soutien diplomatique. Tout au long de l’année 2025, conformément aux instructions du Président visant à promouvoir les produits agricoles kazakhs sur les marchés internationaux, l’ambassade du Kazakhstan en Algérie a mené des négociations avec les dirigeants de plusieurs organismes et agences publiques clés », a indiqué l’Agence.
Cette dernière a donc rapporté que l’ambassadeur kazakh en Algérie, Anuarbek Akhmetov, a rencontré le directeur général de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), Nasreddine Messaoudi, en janvier dernier, soulignant que l’OAIC « supervise les importations centralisées de blé et de légumineuses ».
Une rencontre durant laquelle, « des échantillons de blé kazakh accompagnés des résultats de tests en laboratoire, fournis par la société publique JSC NC Food Corporation, lui ont été remis ».
Le même ambassadeur a également été reçu au mois de juin par le ministre de l’Agriculture.
« APK Inform » signale par ailleurs que « le ministère kazakh des Affaires étrangères a souligné qu’en plus du blé, le Kazakhstan dispose d’un fort potentiel d’exportation de viande, de légumineuses et d’autres produits agricoles vers l’Algérie ».
Il est utile de rappeler, à cet effet, que l’Algérie, qui figure parmi les plus importants importateurs de blé au monde, s’est réorienté depuis trois ans vers d’autres marchés de blé.
Une situation qui a affecté le secteur en France au point où cette question a été évoqué, au mois d’octobre dernier, dans l’Assemblée française, lors des débats autour de la loi de finances pour l’année 2026.
« Concernant spécifiquement la France, les relations diplomatiques dégradées avec l’Algérie ont conduit à réduire à néant les importations de blé français par ce pays, alors même qu’il en importait cinq millions de tonnes par an depuis 2018, soit environ 50 % des exportations françaises en la matière », a indiqué le député d’extrême droite de l’Union des droites pour la République (UDR), Alexandre Allegret-Pilot, dans l’avis de la Commission des affaires économiques qu’il préside, concernant le projet de loi de Finances 2026.
« Or, à l’instar de ce que connaît la filière céréales avec la fermeture totale du marché algérien, qui représentait 50 % de nos exportations de blé il y a encore six ans, les tensions géopolitiques et la recomposition des marchés imposent aux exportateurs français d’explorer de nouveaux marchés, pour lesquels le risque est peu maîtrisé », a-t-il ajouté.
Ceci pour dire que la démarche entreprise par l’Algérie, ces toutes dernières années, pour diversifier ses sources d’approvisionnement en blé a eu des conséquences sur le secteur du blé en France.
Par : Elyas Abdelbaki








