Depuis plusieurs jours, des appels anonymes à descendre dans la rue le vendredi 3 octobre (demain, ndlr) circulent sur les réseaux sociaux en Algérie, relayés massivement par des comptes difficilement identifiables. Leur caractère anonyme et l’absence de structures organisatrices connues leur confèrent un parfum de manipulation qui ne peut passer inaperçu. D’autant plus que leur apparition coïncide étrangement avec les manifestations, parfois violentes, qui secouent le Maroc depuis plus d’une semaine. Dans ce pays voisin, les protestations portent des revendications sociales précises, liées notamment aux services publics comme la santé et l’éducation, mais aussi à la contestation du prestige accordé à l’organisation de la Coupe du monde 2030 au détriment des priorités sociales.
En Algérie, rien de tel n’existe pour justifier de tels appels. La similitude est cependant frappante : le mouvement marocain se nomme «GenZ 212», tandis que celui que l’on tente d’installer en Algérie s’appelle déjà «GenZ 213». Cette coïncidence, qui a tout d’une mise en scène soigneusement inspirée, soulève une question centrale : qui est derrière cette initiative, et dans quel but ?
Similitudes suspectes et relais médiatiques
L’analogie avec le Maroc ne peut être considérée comme fortuite. Elle traduit plutôt la tentative d’exporter artificiellement une crise sociale marocaine vers le territoire algérien. L’agence de presse officielle a été catégorique en dénonçant cette manœuvre : «Malgré sa mort clinique, le makhzen n’oublie pas l’Algérie», titrait une dépêche de l’APS qui détaillait les dessous de l’opération. Selon cette lecture, les services marocains cherchent, comme à l’accoutumée, à détourner l’attention de leurs propres problèmes internes en pointant du doigt leur voisin de l’Est. La forte médiatisation de ces appels par des relais marocains et des comptes liés aux réseaux sociaux alimente davantage le soupçon d’une manipulation savamment orchestrée.
Fort risque de manipulation et motifs peu convaincants
Si le Maroc traverse une crise sociale profonde, aggravée par l’inflation, la sécheresse et des inégalités insoutenables, la situation en Algérie n’est en rien comparable. Les appels à manifester, anonymes et dénués de véritables revendications locales, apparaissent ainsi comme une tentative grossière de copier un modèle de contestation sans lien avec la réalité algérienne. Les Algériens, qui ont déjà expérimenté le danger de tels appels sans visage ni responsabilité, savent combien ils peuvent servir de paravent à des agendas extérieurs.
Ces mobilisations virtuelles, qui prétendent parler au nom de la jeunesse, ne font en réalité que semer le doute et tenter de créer artificiellement une crise là où elle n’existe pas. Elles reposent sur une stratégie de manipulation classique : susciter la confusion, provoquer une réaction émotionnelle et espérer une contagion. Mais dans les faits, les Algériens n’ont que peu de raisons objectives de suivre ces mots d’ordre. La méfiance vis-à-vis de telles initiatives anonymes reste de mise, d’autant que les parties ayant intérêt à déstabiliser l’Algérie sont multiples et actives.
Dans ce contexte, ces appels apparaissent pour ce qu’ils sont : une manœuvre maladroite, inspirée de l’extérieur, visant à créer une agitation artificielle. Leur caractère anonyme et leur timing opportuniste suffisent à en révéler la fragilité. L’Algérie n’a pas à importer les crises de ses voisins, encore moins à servir de terrain d’expérimentation à des stratégies de déstabilisation.
Par : S.A.B.








