L’Association Annaba bike city remet sur la table un dossier qu’elle considère comme vital pour l’avenir de la mobilité dans la région : la création de deux pistes cyclables isolées et sécurisées, parallèles aux RN44 et RN16, chacune longue de 15 km, afin de relier Annaba aux communes voisines.
Depuis sa création, l’association porte deux revendications majeures. D’une part, la mise en place de parkings à vélos gardés dans les différents quartiers de la commune, notamment au centre-ville. D’autre part, l’aménagement de corridors cyclables protégés pour permettre aux habitants des communes périphériques de rejoindre Annaba en toute sécurité.
Selon l’association, ces infrastructures répondent à une réalité vécue chaque jour par des centaines de jeunes actifs. Nombreux sont ceux qui affirment gagner un temps précieux en utilisant le vélo pour leurs trajets domicile–travail. Le responsable du groupe «À vélo au travail», Akram Fridjine, explique ainsi qu’il lui faut 17 mn à vélo depuis El Bouni à son lieu de travail, au centre-ville. Alors qu’il met plus de 30 mn en bus ou en voiture, voire 45 mn en période de forte affluence.
Le président de l’association partage le même constat. Il parcourt 10 km quotidiennement et arrive systématiquement avant le bus quittant son quartier. Au-delà du gain de temps, il évoque des bienfaits psychologiques évidents : absence de stress lié aux embouteillages, et plaisir de traverser des paysages naturels, notamment le long de la RN44.
Mais cette pratique demeure risquée. Les routes nationales sont le théâtre d’accidents graves impliquant des cyclistes. L’article rappelle notamment un incident survenu il y a quelques mois, lorsqu’un cycliste sportif a été grièvement blessé par un camion ayant effectué un dépassement interdit.
Pour éviter ces drames, l’association réclame des pistes protégées, bidirectionnelles, d’une largeur de 2,5 m, semblables à celles existantes dans les villes qui ont fait le choix d’un transport durable.
Les arguments avancés s’appuient également sur la géographie locale : 75% des habitants de la wilaya vivent dans un rayon de 10 km autour d’Annaba, sur un relief quasiment plat, idéal pour encourager l’usage du vélo.
L’association alerte aussi sur les défis futurs. Avec le développement de la nouvelle ville Ben Mostefa Benaouda, les nouveaux pôles urbains de Kalitoussa et les cités voisines, le nombre de véhicules appelés à converger vers Annaba va exploser. Selon la même association, même le futur tramway ne suffira pas à absorber cet afflux. Des solutions complémentaires doivent être anticipées, notamment le développement des modes légers et la réduction progressive de la voiture au centre-ville.
Consciente de l’urgence, l’association multiplie les démarches. Elle a sollicité tous les responsables locaux, dont les walis successifs, et travaille avec les services techniques de la wilaya, la direction des Travaux publics et même le Centre de recherche en aménagement du territoire de Constantine.
Dans cette dynamique, une journée d’étude sera organisée début 2026, réunissant experts et partenaires institutionnels, afin d’élaborer des recommandations concrètes à soumettre aux décideurs.
Par : I.S










