Alors que le projet de loi portant code de la route a été officiellement adopté par l’Assemblée populaire nationale (APN) le 24 décembre dernier, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports opère un net recul sur ce dossier.
Dans un communiqué publié à l’issue d’une rencontre qui s’est tenue vendredi avec les représentants de plusieurs syndicats de transporteurs, le ministère a tenu à préciser que le texte « reste en cours d’étude dans le cadre du parcours législatif adopté » et demeure « ouvert à l’enrichissement à la lumière des remarques et propositions présentées ».
Une déclaration faite alors que le texte en question a été voté par l’APN, en présence du ministre de l’Intérieur lui même, et se trouve aujourd’hui au niveau du Conseil de la Nation (CN) qui devra l’examiner, avec quatre autres textes, à partir du 13 janvier, date de reprise de la séance plénière, avant son adoption prévue le 21 janvier.
En affirmant que le texte « reste en cours d’étude dans le cadre du parcours législatif adopté » et demeure « ouvert à l’enrichissement à la lumière des remarques et propositions présentées », le ministère espère-t-il que les membres du Conseil de la Nation procèdent à des amendements qui puissent prendre en charge ces «propositions» ? Sauf que dans le cas d’un «désaccord» entre l’APN et le CN, la législation prévoit la mise sur pied d’une commission paritaire parlementaire qui doit arriver à une version consensuelle. Le ministère de l’Intérieur n’a pas donné plus de détails quant à cette démarche.
La gréve des transporteurs sera-t-elle contenue?
A noter que ce «pas en arrière» de la tutelle intervient dans un contexte marqué par des mouvements de protestation et des arrêts de travail observés ces derniers jours chez les conducteurs de bus, de camions et de taxis, inquiets des dispositions prévues par le nouveau code, notamment celles liées au durcissement des sanctions et conséquemment à l’augmentation des charges pesant sur les professionnels du secteur.
Présidée par le secrétaire général du ministère, sur instruction du ministre Saïd Sayoud, la réunion a regroupé plusieurs organisations, dont l’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA), l’Union nationale des transporteurs (UNT), l’UGTA), l’UGCAA) ainsi que le Syndicat national des taxieurs et transporteurs affilié à l’UGTA.
Selon le communiqué officiel, cette rencontre s’inscrit dans une démarche « d’écoute des préoccupations professionnelles exprimées par les partenaires sociaux », tout en réaffirmant que « le dialogue demeure ouvert ».
De «l’improvisation», selon le FFS
Réagissant à cette évolution, le Front des forces socialistes (FFS) a évoqué de «l’improvisation» et du «bricolage».
«Le FFS constate avec regret que la politique d’improvisation et de bricolage institutionnel se confirme à travers la séquence ayant entouré l’adoption du nouveau code de la route, révélatrice des graves dysfonctionnements qui caractérisent la gouvernance actuelle du pays», a indiqué, hier, le parti dans un communiqué, soulignant que le texte a été «adopté dans la précipitation par l’Assemblée populaire nationale, sans aucune concertation avec les acteurs concernés».
«Le recul précipité des pouvoirs publics, à la suite de réunions de rattrapage avec les représentants syndicaux et de promesses tout aussi improvisées, susceptibles d’impacter directement le pouvoir d’achat des citoyens, confirme l’absence d’anticipation et de vision globale dans la conduite des affaires publiques», a ajouté le FFS pour qui «ce cafouillage illustre, une fois de plus, les limites d’une gouvernance au jour le jour, incapable d’évaluer en amont les impacts sociaux et économiques de ses propres décisions».
Par : Elyas Abdelbaki










