Chaque année, c’est le même cirque. À quelques jours de l’Aïd el-Adha, les trottoirs de nos quartiers se transforment en marchés sauvages à ciel ouvert. Fourrage, charbon, béliers, couteaux…: tout se vend, partout, sans aucun respect des règles. Pourtant, la direction du commerce a été claire : la vente est interdite en dehors des points autorisés. Mais visiblement, dans certains quartiers d’Annaba, ces instructions ont été balayées d’un revers de main.
Dans les rues de La Colonne, El Safsaf, El Bouni ou encore El M’hafeur, des vendeurs improvisés ont repris possession du bitume, déversant ballots de paille et sacs de charbon, installant leur petit business là où bon leur semble. Résultat : des trottoirs impraticables, des ordures qui s’entassent, une pollution visuelle et olfactive qui énerve tout le monde.
Des instructions ignorées, des quartiers abandonnés
Pourtant, l’État a mis en place un dispositif clair. Des points de vente d’ovins bien identifiés, avec contrôle vétérinaire et normes d’hygiène, ont été installés dans plusieurs communes. L’objectif ? Éviter justement ce genre d’anarchie. Mais sur le terrain, la réalité est toute autre : personne ne semble contrôler, et les commerçants «illicites» prospèrent, en toute impunité.
La wilaya a promis des contrôles, des sanctions, des saisies. Pour l’instant, ce sont surtout les citoyens qui subissent. Ils assistent, impuissants, à la détérioration de leur cadre de vie. “On ne peut même plus sortir sans marcher sur du foin ou se cogner à un barbecue en vente libre”, s’agace un habitant de la rue Belhouchet.
Autre scène devenue habituelle à Annaba : le retour des fameuses charrettes de forgerons ambulants, qui affûtent couteaux, hachoirs et machettes sur les trottoirs. Une tradition, oui, mais qui, elle aussi, vire au désordre. Installés sans autorisation, souvent sans aucune sécurité, ces “forja” envahissent les abords des marchés, les ruelles des quartiers populaires, et parfois même les ronds-points.
A quand un Aïd propre et organisé ?
La situation commence sérieusement à agacer. Des appels se multiplient sur les réseaux sociaux pour plus de fermeté, plus de contrôles, et surtout plus de respect pour les espaces publics. Certains habitants réclament même l’intervention des comités de quartiers et des associations pour faire barrage à ces pratiques devenues banales, mais nuisibles.
L’Aïd est une fête, pas un moment de laisser-aller. Les autorités sont appelées à agir vite. La rue annabie mérite un minimum d’ordre et de respect. Sinon, comme chaque année, ce sera un Aïd dans les ordures, la poussière… et les regrets.
Par : Mahdi AMA










