Par : Amar Ait Bara
Les Garde-côtes de la Marine nationale ont fait avorter une tentative massive de plus d’une centaine de jeunes candidats à l’émigration clandestine. Cela s’est passé à veille de l’Aïd-el-Adha, lundi à minuit, lorsque 16 barques en bois à fond plat avec, à leurs bords, 132 candidats à l’émigration clandestine ont pris le large, selon des témoignages recueillis sur place. Ils ont pris le large dans la nuit pour tromper la vigilance des Garde-côtes, mais ont été interceptés au large d’Ain Barbar et Oued Bokrat. Ces derniers étaient à bord de 16 barques dont chacune transportait 8 candidats à l’émigration clandestine qui ont été arrêtés. Les moteurs utilisés étaient de marque Yamaha 40 chevaux, mais n’étaient assez puissants pour rejoindre l’autre rive de la Méditerranée avec succès. Ces tentatives ont encore échoué, hormis 3 barques transportant 24 personnes qui ont réussi à rejoindre l’île de la Sardaigne pour rejoindre l’Italie. De nombreux jeunes sont emprisonnés dans les différentes prisons dont celles tunisiennes, a-t-on appris auprès de nombreuses familles concernées par la disparition de leurs progénitures après une tentative d’émigration clandestine. Certains d’entre eux ont pu appeler leurs familles pour les informer à partir des prisons tunisiennes dont certains se trouvent dans les geôles de Tunis depuis déjà quelques années. Des dizaines d’Algériens, incarcérés à la suite d’un naufrage de leurs embarcations au niveau des eaux territoriales tunisiennes, ont réussi à appeler les leurs à partir des portables. Ces familles de disparus insistent qu’ils ne lésineront ni sur les moyens, ni les efforts pour sauver leurs enfants jetés en pâtures dans les geôles dont le sort est toujours inconnu. Pourtant, depuis de nombreuses années, les parents des harraga ont manifesté devant le Consulat général de Tunisie à Annaba en vue d’obtenir des informations concernant leurs proches et enfants disparus, mais en vain. Les promesses des représentants consulaires n’ont jamais été tenues et les doléances des contestataires n’ont jamais abouti et les proches de disparus comptent saisir l’Ambassade de Tunisie à Alger. Mais toujours sans suite. Selon des informations recueillies auprès des familles de plusieurs harraga, des centaines de disparus se trouvent dans la prison de Tabarka, en Tunisie. Ces harraga pour la plupart, ayant pris le large depuis la grande plage à Séraïdi, Oued Bokrat, à bord d’embarcations de fortune à destination de la terre promise la Sardaigne, en Italie, avaient échoué sur les côtes tunisiennes après que leurs embarcations aient dérivé ainsi durant trois jours, épuisés, puis interceptés par les Garde-côtes tunisiens. Ils avaient été placés en prison en attendant leur jugement. Il convient de rappeler que le phénomène de l’émigration clandestine touche plus de 50% des familles annabies. Par ailleurs, au moment où certains parents sont rassurés du devenir de leurs enfants, d’autres vivent toujours le calvaire et les tourments par manque d’informations. D’ailleurs, quotidiennement, les Garde-côtes de la wilaya d’Annaba enregistrent la dérive de barques au large et interceptent de nombreuses embarcations de fortune dont la plupart étaient en détresse. Ce phénomène de la harga, en vogue, prend une ampleur inquiétante et il est temps que les pouvoirs publics réagissent pour apporter les solutions qui s’imposent.








