Décrocher un visa Schengen est devenu un véritable parcours du combattant en Algérie. Entre la pénurie de rendez-vous pour la France, l’explosion du marché noir pour l’Espagne et des délais de traitement qui s’allongent jusqu’à 12 semaines pour la Belgique, les voyageurs algériens font face à un blocus administratif sans précédent.
L’accès à l’espace Schengen se complique drastiquement pour les ressortissants algériens. Ces dernières années, la politique d’octroi des visas s’est sévèrement durcie, souligne le site TSA. Les consulats européens justifient, en général, ces refus massifs par la crainte de l’immigration clandestine. Pourtant, cette méfiance généralisée frappe aussi des profils de voyageurs irréprochables (commerçants, cadres, touristes réguliers) qui « disposent de fortes attaches en Algérie et qui reviennent systématiquement après leurs séjours à l’étranger », révèle la même source.
Étant la première destination européenne des Algériens, la France est aussi le pays qui oppose le plus de refus. Malgré l’annonce récente d’un « retour à la normale » après des mois de tensions diplomatiques, la réalité sur le terrain est tout autre.
D’abord avec cette pénurie récurrente de rendez-vous. En effet, trouver un créneau de dépôt sur les plateformes est devenu quasi-impossible, témoignent de nombreux demandeurs de visa. Aussi, il y’a cet écueil lié aux délais de traitement rallongés. Qu’il s’agisse d’un visa touristique, familial ou d’études, l’attente s’éternise, est-il constaté. Pour le cas de l’Espagne, le marché noir des rendez-vous et les délais ont explosés avec leur lot de scandales notamment dans la ville d’Oran où une très forte demande sur les visas est observée en raison de la proximité des villes ibériques.
L’Ambassade de Belgique atteint sa « capacité maximale »
Ainsi, pour l’Espagne, la forte demande a transformé les procédures en un business parallèle lucratif. Obtenir un rendez-vous via le prestataire BLS International est si difficile que les prix s’envolent sur le marché noir, dépassant parfois les 500 €, d’après des témoignes.
Cette opacité a d’ailleurs mené à un scandale de corruption à la mi-avril, impliquant un vice-consul espagnol en Algérie. Pour ne rien arranger, BLS a annoncé un allongement des délais de traitement pour les dossiers déposés après la fin mai, brisant les espoirs de vacances d’été de nombreux estivants. Alors qu’a l’ambassade de Belgique d’Algérie, la saturation est totale. Face à cette situation, l’ambassade a officiellement communiqué en mai avoir atteint sa « capacité maximale » de traitement des demandes de visa en Algérie.
En outre, les délais d’attente pour obtenir une réponse peuvent désormais atteindre 3 mois, ce qui rend toute planification de voyage impossible pour les demandeurs de visas touristiques. Du coté de la représentation italienne, et malgré de solides relations économiques avec Alger, le gouvernement de droite de Giorgia Meloni applique une politique migratoire très stricte, rationnant drastiquement les visas, même touristiques.
Par : Akram Ouadah






