Il est et restera un des précurseurs du discours progressiste et rationaliste en Algérie, et un des fondateurs de l’université de l’Algérie indépendante. Mais il fut avant tout un grand journaliste formé par la Révolution algérienne, avec tout son rayonnement national, régional et international. Abdallah Cheriet est né à Meskiana, wilaya d’Oum El-Bouaghi, en 1921. Dès son jeune âge, il rejoint l’école coranique de son village, à l’instar de ses semblables, et entama ses études dans une école française à Meskiana en 1927.
En 1932, il rejoignit Tébessa, où il intégrera l’école des Ouléma, «Education des enfants», dirigée par Cheikh Larbi Tebessi, jusqu’à 1934. En 1938, il partit en Tunisie, où il poursuivit des études durant une année, avant de les interrompre à cause de la deuxième guerre mondiale. Il revient à Constantine pour rejoindre certaines Medersa. A la fin de la guerre, en 1945, il retourna en Tunisie et termina ses études à la «Zitouna», et obtint un diplôme d’enseignant en 1946.
En 1947, il voyagea en Orient, via la France, avec un faux passeport, aidé par des députés algériens à Paris, dont notamment Mohamed Khider, représentant du MTLD à l’Assemblée nationale française, d’où il s’envola pour Damas, puis Beyrouth. Il entama des études de philosophie à l’université syrienne, et obtient sa licence en 1951. La même année, il retourna en Algérie. Mais, à cause du chômage, il ne tarda pas à rejoindre la Tunisie, où il enseigna dans un institut des sciences modernes fraichement créé à la «Zitouna».
En 1955, il rejoint la délégation politique du FLN, constituée après le déclenchement de la guerre. Il sera chargé de la traduction en langue arabe. Après la création des deux journaux El-Moukawama et El-Moudjahid, organes centraux du FLN, il sera chargé de rédiger les éditoriaux et les commentaires du jour, en plus de la traduction d’articles parus dans la presse internationale sur la révolution algérienne.
Tâche qu’il assumera jusqu’à l’aube de l’Indépendance. En mois d’août de la même année, de retour au pays, Mohamed Khider, responsable du parti, fera appel à lui en le chargeant de l’information.
Plus tard, il rejoint l’université d’Alger comme professeur de philosophie et y restera jusqu’à la fin de ses jours. Il a encadré des générations d’étudiants dans la préparation de leurs thèses de magister et de doctorat. Abdallah Cheriet est souvent présenté comme le modèle type de l’intellectuel organique, pour toutes les batailles intellectuelles qu’il aura suscitées, dans les médias, sur divers sujets liés à la question des langues, de l’histoire, de l’identité, de la culture et de l’idéologie.
Le docteur Abdallah Cheriet a écrit de nombreux ouvrages dans divers domaines du savoir : philosophie, littérature, sociologie, politique ; il en a publié seize (16).
P/S: De là à dire que le Docteur Abdallah Cheriet n’a rien apporté à Meskiana, sa ville natale, est une méchanceté gratuite qui n’honore en rien son auteur. Son Aura nous suffit et sa contribution, que ce soit au sein de la Révolution ou par ses différents écrits, est en soi un apport considérable.
Par : Hamoudi Chebout






