Les autorités algériennes veulent renforcer leur stratégie de lutte contre les stupéfiants à travers une meilleure connaissance du terrain. L’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT) a annoncé le lancement prochain d’études épidémiologiques destinées à analyser les habitudes de consommation, les profils des consommateurs ainsi que les régions les plus touchées par le phénomène.
L’annonce a été faite par le directeur général de l’Office, Tarek Kour, lors d’une journée scientifique organisée par le Haut conseil islamique en coordination avec l’ONLCDT autour du thème « Le danger des drogues et leur impact sur l’avenir de la nation ». À cette occasion, le responsable a présenté plusieurs mesures visant à renforcer la prévention, améliorer la prise en charge des toxicomanes et adapter les mécanismes de lutte face à l’évolution du phénomène.
Une consommation en mutation
Selon lui, les modes de consommation ont considérablement changé ces dernières années. Si la résine de cannabis demeure présente, les drogues dures et les substances psychotropes gagnent du terrain, notamment chez les jeunes. Une évolution jugée particulièrement préoccupante en raison de ses répercussions sanitaires, sociales et sécuritaires.
Une radiographie nationale de la consommation
Les études annoncées seront menées en coordination avec l’Institut national de santé publique. Elles devront permettre l’élaboration d’une véritable feuille de route nationale fondée sur des données précises concernant la consommation de drogue en Algérie. Le responsable a précisé qu’une enveloppe financière spécifique a été dégagée sur instruction du Premier ministre afin d’assurer la réalisation de ces travaux.
Ces enquêtes auront pour mission d’identifier les zones les plus exposées à la consommation et au trafic de stupéfiants. Les résultats serviront ensuite à orienter les campagnes de sensibilisation, mais aussi à renforcer les dispositifs de prévention dans les régions considérées comme prioritaires. Les autorités envisagent également la création ou la réactivation de structures spécialisées dans le traitement des addictions et l’accompagnement des personnes dépendantes.
Le directeur général de l’ONLCDT a insisté sur l’importance de disposer d’indicateurs fiables pour comprendre les formes de consommation, les substances les plus utilisées ainsi que les maladies fréquemment observées chez les toxicomanes. L’objectif est également d’adapter les dispositifs de soins et de réhabilitation aux besoins réels du terrain.
Vers un renforcement des structures de soins
Dans ce cadre, plusieurs centres spécialisés dans la désintoxication et les soins intermédiaires devraient être relancés afin d’améliorer la prise en charge médicale et psychologique des personnes dépendantes. Les autorités veulent ainsi développer une approche globale mêlant prévention, accompagnement sanitaire et lutte contre les réseaux de trafic.
Face à l’ampleur du phénomène, les pouvoirs publics affichent une volonté de durcir davantage la riposte. Tarek Kour a rappelé que la stratégie nationale de lutte contre la drogue et la toxicomanie a été élaborée sur décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Adoptée lors d’une réunion du Conseil des ministres en avril 2025, cette stratégie est entrée en application en juin 2026.
Le responsable a souligné que la question de la drogue n’est désormais plus considérée uniquement comme un problème de santé publique. Les autorités la classent aujourd’hui parmi les enjeux liés à la sécurité nationale. Il a également estimé que les importantes saisies de cannabis, de drogues dures et de psychotropes traduisent l’existence de réseaux organisés ciblant particulièrement la jeunesse algérienne.
Par : Aly D









