Le Premier ministre français, François Bayrou, et son ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, ont accusé plus d’une fois l’Algérie de ne pas respecter les accords bilatéraux notamment celui de 1994.
D’autre part, des hommes politiques, notamment ceux de l’extrême droite, ont, plus d’une fois, évoqué de supposés profits que l’Algérie tire de la coopération bilatérale, citant par exemple l’aide française au développement.
Dans un commentaire ciselé, l’APS a superbement détricoté ces allégations, ne laissant aux parties accusatrices aucune issue de sortie, fut-elle de secours, afin de sauver leur honneur et crédibilité, si tant est, elles en auraient eu.
Mettant en cause « l’extrême droite française, toujours en quête de boucs émissaires » et « Bruno Retailleau, figure emblématique de cette frange politique », qui « n’a pas hésité à relayer cette rhétorique aussi fausse qu’invraisemblable », l’agence officielle affirme que « si un pays tire un véritable profit des relations bilatérales, c’est bien la France ».
L’ambassade de France à Alger louée au… franc symbolique
A cet effet, l’APS révèle : « la semaine dernière, le ministère des Affaires étrangères algérien a convoqué M. Stéphane Romatet l’ambassadeur de France en Algérie pour mettre sur la table un dossier trop longtemps ignoré par Paris : celui des biens immobiliers mis à la disposition de la France par l’Algérie. Un dossier qui révèle un traitement pour le moins asymétrique entre les deux pays ».
Selon l’Agence, il y a au total « 61 biens immobiliers sont occupés par la France sur le sol algérien, moyennant des loyers ridiculement bas ». Il est cité comme exemple le siège de l’ambassade de France en Algérie qui « s’étend sur une vaste superficie de 14 hectares (140.000 mètres carrés) sur les hauteurs d’Alger, avec un loyer si insignifiant qu’il ne couvrirait même pas le prix d’une modeste chambre de bonne à Paris ».
Il y a également la résidence de l’ambassadeur de France, connue sous le nom « les Oliviers », qui « s’étale sur 4 hectares (40.000 mètres carrés) et est louée au franc symbolique, sur la base d’un prix de bail inchangé depuis 1962 jusqu’en août 2023 ».
« Une largesse que la France n’a jamais daigné accorder à l’Algérie sur son propre territoire ! », a affirmé l’APS. L’agence officielle revient par la suite sur les accords bilatéraux signés par les deux pays, notamment celui de 1968 qui « permettent à la France de bénéficier d’avantages considérables en Algérie ».
« Paris ne cesse de dénoncer cet accord (Accord de 1968, NDLR), mais oublie de mentionner les bénéfices qu’il en tire, notamment la main-d’œuvre algérienne qui a largement contribué à la reconstruction et à l’essor économique de la France », a fait remarquer l’APS.Ceci, alors que, « l’Algérie ne bénéficie d’aucun privilège comparable en France ». Il y a aussi l’accord de 1994, ajoute la même source, « qui régule divers aspects de la coopération entre les deux pays, notamment en matière de commerce et d’investissements ».
Accords de 1968 : Au seul bénéfice de la France
Pour l’agence, « dans les faits, ces accords ont surtout permis aux entreprises françaises d’obtenir des conditions très favorables pour opérer en Algérie, tout en limitant les opportunités inverses pour les entreprises algériennes en France ».
Un avantage « unilatéral » qui « profite avant tout à l’économie française ».« Mais si Paris souhaite ouvrir le débat sur la réciprocité et le respect des engagements signés, alors parlons-en ! Nous verrons bien qui, de l’Algérie ou de la France, a le plus profité de ces traités et lequel des deux pays ne respecte pas les accords passés », a lancé l’APS dans son commentaire.
« L’heure n’est plus à l’hypocrisie. Il est temps que la vérité soit mise en lumière et que cessent les discours fallacieux destinés à manipuler l’opinion publique. L’Algérie n’a jamais été le profiteur de cette relation, c’est bien la France qui, depuis des décennies, a su tirer parti de chaque accord à son avantage. Et si elle veut aujourd’hui réclamer des comptes, elle devra d’abord rendre des comptes elle-même », a ajouté en dernier lieu l’agence.
Il est à rappeler que l’Algérie a déjà réagi aux « menaces » d’abrogation de l’accord de 1968 exprimées par certains politiques français, notamment le ministre de l’Intérieur. Lors de l’entretien qu’il a accordé, le 30 janvier dernier, au quotidien français « L’Opinion », le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et tout en affirmant qu’il était contre son abrogation « pour une question de principe », l’accord de 1968 « est une coquille vide ».
« Pourquoi annuler ce texte qui a été révisé en 1985, 1994 et 2001 ? Ces accords étaient historiquement favorables à la France qui avait besoin de main-d’œuvre. Depuis 1986, les Algériens ont besoin de visas, ce qui annule de fait la libre circulation des personnes telles qu’elle est prévue dans les accords d’Évian », a affirmé le Président.
Par : Elyas Abdelbaki












