
Le dernier projet immobilier de la Méditerranéenne du bâtiment (MEDIBAT) à El Bouni, peine à passer et enregistre des contraintes majeures, un mois seulement après son lancement.
Suite aux plaintes des habitants des 216 logements Medibat (Les Crêtes), le wali, M. Abdelakder Djellaoui, a suspendu le projet de construction d’un ensemble immobilier par la société en question.
Des expertises et une enquête seront nécessaires avant la relance de ce projet ou son annulation. Jeudi dernier, une commission à la tête de laquelle se trouvaient le P/APC d’El Bouni et le chef de daïra, a inspecté les lieux pour se rendre compte de la faisabilité de ce projet. Le constat n’a, pour l’heure, pas été communiqué.
Une assiette foncière surexploitée ?
Si les plaintes se multiplient dans ce quartier d’El Bouni, c’est avant tout en raison de la fragilisation de l’assiette foncière qui a accueilli plusieurs projets érigés par MEDIBAT au fil des années. En effet, cette dernière dispose de la majeure partie des terrains constructibles situés sur les Crêtes et enchaîne les projets immobiliers.
Multipliant les terrassements et allant en profondeur pour construire des tours avec plusieurs étages de sous-sols, le géant de l’immobilier s’est, à plusieurs reprises, attiré les foudres des habitants et de l’ancien wali, M. Berimi.
En 2018, l’ex-wali, en poste ce temps-là, a retiré le permis de construire à ladite société qui a dû supprimer, à la dernière minute, deux tours d’un ensemble immobilier construit non loin des 216 logements des Crêtes.
Medibat qui aspire à plus, se contentera finalement de 606 logements répartis sur 5 tous au niveau de cette assiette foncière fragilisée par un glissement de terrain.
Aujourd’hui, c’est toujours sur cette même zone des «Crêtes» que ladite société, Medibat, a lancé en décembre dernier les travaux de terrassement pour la construction d’une tour de 9 étages avec un sous-sol et trois entresols.
Petit bémol, le terrain est situé en contrebas de la cité des 216 logements, qui donne, aujourd’hui, sur un trou béant suite aux travaux de terrassement.
A l’heure qu’il est, les habitants des lieux craignent l’affaissement de terrain avant tout. Le chantier situé en contrebas du parking et de l’aire de jeux des 216 logements a, significativement, participé a fragilisé la plateforme. A l’heure qu’il est les habitants de la cité des 216 logements se retrouvent entourés de deux murs de soutènement et deux routes étroites.
Medibat propose, aujourd’hui, d’ériger un mur de soutènement de 20 mètres faisant face aux balcons des habitants, pour permettre la construction de sa nouvelle tour.
C’est cette décision qui est pour le moment contestée par les habitants, remettant en question la faisabilité du mur en question d’un point de vue technique.
Par ailleurs, l’ouverture du nouveau chantier en bas de l’espace de jeux des enfants de la cité, inquiètent naturellement les parents, quant aux conditions de sécurité de leurs enfants.
Aucun garde-corps n’a été installé pour sécuriser les occupants de la cité des 216 logements. Et l’affaissement du terrain commence déjà à être observable au niveau de l’aire de jeux qui s’affaisse petit à petit.
Le passage régulier des engins pendant le premier mois des travaux, a également été une grande source d’inquiétude.
Ainsi, les habitants de cette cité, qui saluent l’initiative du wali de suspendre le chantier, espèrent l’annulation de ce projet pure et simple.
Une zone d’ombre au cœur d’El Bouni
Installés au niveau de leurs logements sociaux participatifs en 2013, les résidents de la cité des 216 logements Medibat (les Crêtes) aspirent à des conditions de vie à la hauteur des standards en vigueur pour l’époque.
Très vite, les premiers signes de déchantèrent ont été ressentis. La société Medibat chargée des travaux n’aurait pas respecté le cahier des charges comme prévu.
Absence d’aménagement extérieur, peinture extérieure des tours non finie, aire de jeux inexistante, parkings non adaptés au nombre des habitants, absence de réservoir d’eau, problème d’évacuation des eaux pluviales, autant de paramètres qui impactent le quotidien des locataires des lieux.
Chaque année, et au lendemain des pluies, les habitants sont dans l’obligation de cotiser pour pomper les eaux pluviales accumulées dans leurs sous-sols. Ils ont, par ailleurs, cotisé pour installer des moteurs à eau afin d’avoir assez de pression pour que l’eau potable atteignent les étages supérieurs.
Suite aux nombreux recours, Medibat a finalement cédé un bout de terrain aux habitants des 216 logements. Celui-ci fait foi d’aire de jeux ou de plateforme pour accueillir les engins du nouveau chantier Medibat, selon les jours…
Installés sur les lieux depuis une dizaine d’années, ces derniers attendent que les autorités se tournent vers la nécessité de créer des établissements scolaires sur cette zone qui représente, à elle seule, un pôle urbain tant le nombre de tours et d’habitants par palier est important.
Par : M.LILIA






