Le wali d’Annaba, Abdelkader Djellaoui, a présidé hier une réunion pour étudier la situation du foncier industriel dans le pourtour du complexe sidérurgique d’El Hadjar. Une réunion qui fait suite aux instructions ordonnées par le président de la République, lors du Conseil des ministres de dimanche 7 janvier 2024, pour superviser l’opération de récupération du foncier industriel et son orientation vers l’investissement.
À l’issue de cette réunion, le chef de l’Exécutif de la wilaya a effectué une visite d’inspection au complexe Sider El Hadjar, en compagnie du PDG du groupe Sider, Lamine Sedrati et du PDG du complexe Sider El Hadjar, Karim Boulaioune, ainsi que des directeurs de l’Industrie, de l’Habitat, de l’Energie, des Travaux publics et des Domaines, pour un constat in situ.
Rappelons toutefois, qu’une opération de transfert des biens immobiliers du complexe sidérurgique Sider El Hadjar, filiale du Groupe Sider, a déjà été officialisée en décembre 2020. L’initiative s’inscrivait dans le cadre des efforts d’assainissement de la situation des biens immobiliers du complexe Sider El Hadjar, restée suspendue à cause des différentes opérations de restructuration du complexe qui remontent à fin 2018.
Cette régularisation permettra au complexe Sider El Hadjar de consolider son capital commercial, de promouvoir son poids économique lors des transactions, notamment bancaires, et de booster les investissements projetés au complexe.
Les biens immobiliers transférés portent sur près de 758 hectares, représentant le terrain réservé aux structures diverses du complexe dont la valeur estimative dépasse les 100 milliards DA, selon certains responsables.
Le complexe Sider El Hadjar, une filiale du Groupe Sider, emploie près de 6.000 travailleurs et occupe une superficie totale de 903 hectares, incluant le terrain des structures relevant du complexe et se trouvant en dehors de la périphérie de l’usine.
Chronique d’un énième sauvetage
Le complexe sidérurgique d’El Hadjar, fleuron de l’industrie algérienne, accumule les déboires techniques et financiers depuis des années. Minerai de mauvaise qualité, équipements vétustes, sous-investissement chronique… une cellule de crise tente de sauver l’usine de la faillite.
Cette situation dramatique est le symptôme d’un échec collectif. Réuni dimanche sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune, le gouvernement a ordonné la récupération d’hectares industrialo-portuaires laissés en friche autour du site. Ces terrains, concédés il y a près de 20 ans étaient appelés à accueillir des unités productives en lien avec El Hadjar. Les détenteurs de ces concessions n’ont pas tenu leurs engagements.
Ces friches sidérurgiques désœuvrées symbolisent cruellement l’incapacité des gestionnaires à capitaliser sur ses atouts, en l’occurrence les ressources naturelles. Pendant des décennies, ils ont préféré acheter une paix sociale précaire par la distribution d’aides plutôt que d’investir dans l’avenir. Par clientélisme ou incompétence, un foncier précieux qui aurait pu servir de terreau à un écosystème productif autour de la sidérurgie, a été gaspillé.
De plus, le comportement discutable de certains dirigeants syndicaux a aggravé cette situation. Loin de défendre les intérêts des 5718 salariés, ils ont profité de leur position pour s’enrichir personnellement et clientéliser le complexe à leur profit.
Ainsi, le secrétaire général du syndicat, actuellement sous le coup d’une procédure judiciaire, s’est octroyé une substantielle augmentation salariale et gratifié ses affidés de primes tout aussi somptueuses. Une dérive symptomatique des maux rongeant El Hadjar et, plus largement, le secteur public algérien.
Résultat : un fleuron industriel moribond entouré de centaines d’hectares en friche, triste allégorie d’un immobilisme navrant. Que risque de révéler cette opération de recouvrement du foncier ? Bien malin est celui qui y répondra avant les conclusions de cette ‘’initiative’’ saluée sur les bords du Seybouse.
Par : A.Ighil/ Agences






