L’utilisation du «Khôl» par voie orale peut s’avérer extrêmement dangereuse. Le Service de toxicologie du CHU Mohamed Lamine Debaghine, de Bab El Oued, a émis une, samedi, une « alerte urgente » relative à l’utilisation de ce produit, notamment pour les nourrissons, causant des intoxications au plomb.
« Le service de toxicologie enregistre une augmentation inquiétante de cas de saturnisme aigu liés à l’utilisation du Khôl (produit contenant des quantité très élevées de Plomb) par voie orale à des fins médicinales traditionnelles », a indiqué le service dans son alerte postée sur les réseaux sociaux dans le but d’alerter contre « empoisonnement des enfants ».
En plus du décès d’un nourrisson de 14 mois avec une plombémie (mesure du taux de plomb dans le sang) à 102 µg/L, le service a rapporté trois cas graves de nourrissons, le premier de 19 mois (plombémie 52,5 µg/L) en hospitalisation prolongée, le deuxième de 12 mois (plombémie 722,4 µg/L), avec des complications sévères, et le troisième, de 10 mois, avec une suspicion de saturnisme aigu (plombémie non réalisée).
Des taux qui témoignent, estime le service de toxicologie du CHU de Bab El Oued,« d’une intoxication sévère et potentiellement mortelle », soulignant que « l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé le seuil d’alerte à 50 µg/L chez l’enfant ».
Le service n’a pas donné de bilan chiffré sur une période donnée, mais en émettant cette alerte, il est clair que la situation les inquiète.
Le même service a tenu à rappeler que « le plomb est un neurotoxique puissant, particulièrement dangereux pour les enfants et les nourrissons », qui peut provoquer « anémie sévère, convulsions, coma et décès ».
En cas de survie, ajoute la même source, « les risques sont : retard psychomoteur irréversible, troublesdu comportement et déficits cognitifs permanents ». « Ces pratiques mettent directement la vie et l’avenir de ces enfants en danger », a affirmé en dernier lieu le service de toxicologie, estimant qu’ « il est urgent que ces pratiques cessent ».
Il est de notoriété publique que beaucoup de citoyens recourent àla médecine traditionnelle mais il est rare qu’un établissement hospitalier ou une institution de santé alerte contre une pratique donnée. Utilisé généralement sur les yeux à des fins esthétiques, le khôl est également appliqué par certains sur des enfants, pour, pensent-ils, soigner des infections oculaires, ou même « repousser le mauvais œil ».
Or, le produit, qui est disponible sous forme de « crayon » ou de poudre, contient une importante quantité de plomb qui, vraisemblablement, peut être dangereux pour les enfants en bas âge.
Par : Elyas Abdelbaki








