La 2ᵉ session criminelle ordinaire du tribunal criminel de Dar El Beida, ouverte au début du mois de janvier, s’annonce comme l’une des plus importantes de ces dernières années.
Selon le programme officiel, repris par le quotidien gouvernemental «El Moudjahid» dans son édition d’hier, plusieurs dossiers lourds, liés au terrorisme, au narcotrafic et au crime transnational organisé, seront examinés, dont trois procès emblématiques : l’affaire El Bouchi, le dossier de Tiguentourine et celui du terroriste Amar Saïfi, alias El Para.
Le premier procès très attendu est celui de Kamel Chikhi, dit «Kamel El Bouchi», programmé pour le 11 janvier. Cette affaire, consacre la plus grande saisie de cocaïne de l’histoire de l’Algérie, remonte à mai 2018, lorsque 701 kg de cocaïne avaient été découverts au port d’Oran, dissimulés dans une cargaison de viande importée du Brésil.
L’accusé comparaîtra aux côtés de plusieurs coaccusés, dont deux de ses frères, Nacer et Mohamed, et des employés, tous poursuivis pour constitution et financement d’une organisation criminelle, trafic international de drogue et blanchiment d’argent. Deux sociétés commerciales, en l’occurrence Sarl Dounia Meat et Sarl Amazone, sont également mises en cause en tant que personnes morales. L’instruction judiciaire, qui a duré près de cinq ans, a mobilisé des commissions rogatoires internationales, témoignant de l’ampleur et de la complexité du dossier.
Pour rappel, Kamel Chikhi avait déjà été condamné en juillet 2019 à 10 ans de prison ferme dans un autre dossier, lié à la corruption foncière. Le tribunal de Sidi M’hamed l’avait reconnu coupable de corruption, abus de fonction et trafic d’influence, aux côtés de plusieurs cadres de l’administration.
Autre dossier au programme de cette session, le procès d’Amar Saïfi, alias Abderazak El Para, prévu pour le 25 janvier.
Ancien chef de la phalange terroriste «Tariq Ibn Ziad», El Para est notamment accusé d’avoir orchestré l’enlèvement de 32 touristes européens en 2003 dans le Sud algérien. Plusieurs de ses anciens complices comparaîtront avec lui, tandis que d’autres accusés, en fuite ou neutralisés, seront jugés par contumace.
Procès de l’attaque terroriste de Tiguentourine
Enfin, le 8 février, le tribunal se penchera sur l’un des dossiers les plus sensibles liés au terrorisme, à savoir l’attaque terroriste contre le complexe gazier de Tiguentourine, à Illizi, survenue en janvier 2013. Quatre accusés, considérés comme des éléments clés de l’opération terroriste menée par le groupe de Mokhtar Belmokhtar, répondront de chefs d’accusation extrêmement graves, dont homicide volontaire avec préméditation, prise d’otages, destruction d’infrastructures stratégiques et appartenance à une organisation terroriste activant à l’étranger.
Il s’agit de Abdelkader Derouich alias «Abou Bara», bras droit de Mokhtar Belmokhtar, Bouziane Kerroumi, alias «Redouane» et Djafaâr Bouhafs alias «Behous», ainsi que de Derbali Laroussi alias «Abou Talha», de nationalité tunisienne.
Plus de 200 témoins, algériens et étrangers, ainsi que de nombreuses victimes et ayants droit sont cités dans ce dossier.
Par ailleurs, le nommé Yakoub Belhasni, actuellement en détention, sera jugé dans deux affaires le 8 janvier.
Celui-ci a été déjà condamné à 10 ans de prison ferme par le même tribunal pour, entre autres, «faux et usage de faux dans les écritures administratives», «intervention sans en avoir la qualité, dans des fonctions publiques, civiles ou militaires», «escroquerie et tentative d’escroquerie en recourant aux TIC» et «violation de la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger».
En dernier lieu, Mohamed Zitout et Amir Boukhors, alias Amir DZ, inscrits dans la liste nationale des personnes et entités terroristes, seront jugés par contumace le 18 janvier prochain pour «adhésion à une organisation terroriste».
Par : Elyas Abdelbaki








