Le chef de l’Église catholique, Léon XIV, apporte une réponse claire à un discours encore répandu affirmant qu’« avant la colonisation, il n’y avait rien ».
L’ancienne candidate à l’élection présidentielle en France, Ségolène Royale, déconstruit le récit servi par l’extrême droite française au sujet de la visite du Pape Léon XIV en Algérie.
Dans un contexte marqué par le retour des tensions mémorielles entre Alger et Paris, un message venu du Vatican résonne, sans nul doute, avec une intensité particulière en Algérie, souligne la présidente de l’association Algérie France. Elle précise, qu’à travers des propos saluant « un grand pays doté d’une longue histoire souvent douloureuse », le chef de l’Église catholique, Léon XIV, apporte une réponse claire à un discours encore répandu affirmant qu’« avant la colonisation, il n’y avait rien ».
Ce positionnement, perçu comme une reconnaissance implicite de la profondeur historique de l’Algérie, trouve un écho favorable chez de nombreuses voix engagées dans le travail de mémoire.
Parmi elles, justement, l’ancienne ministre Ségolène Royal, qui inscrit cette lecture de l’histoire dans la continuité des combats menés par des figures telles que Edmond Michelet et Germaine Tillion. Tous deux résistants, déportés durant la Seconde Guerre mondiale, ils se sont ensuite illustrés par leur opposition au système colonial, posant les bases d’un dialogue lucide entre les deux rives. Pour Alger, l’enjeu dépasse la simple reconnaissance symbolique.
Il s’agit d’un préalable indispensable à toute réconciliation durable avec la France. Car derrière les mots, c’est une bataille de récits qui se joue : celle de la légitimité historique, de la dignité nationale et de la transmission aux nouvelles générations. L’appel est donc lancé, implicitement, aux autorités françaises. Dans un espace méditerranéen partagé, où les destins restent intimement liés, cette reconnaissance apparaît comme la clé d’une coopération plus forte, mais aussi plus sincère. Une exigence que l’Algérie, forte de son histoire et de sa résilience, continue de porter avec constance.
Pour la présidente de l’AMF, aujourd’hui, plus que jamais, le dialogue interreligieux est indispensable et « tous ceux qui veulent agir pour la paix, devraient se réjouir de cette visite du Pape en terre d’Islam au lieu de la dénigrer », pour la seule raison qu’elle démontre l’absurdité des tensions entretenues entre « nos deux peuples, par des voix qui font de la hargne contre l’Algérie un fond de commerce bien peu glorieux ». Les positions politiques récentes de Ségoléne Royale, résonnent comme un désaveu pour les tenants d’une position « algérophobe » et ouvertement hostile à l’Algérie.
Par : Akram Ouadah












