Les faits de cette affaire remontent au 13 novembre, après une enquête menée par l’Office central de lutte contre le crime organisé à Shaoula.
Le juge d’instruction de la deuxième chambre près du pôle pénal de Sidi M’hamed (Alger) a ordonné, hier, la mise en détention du patron de la société mixte algéro-émiratie (STEAM) spécialisée dans la fabrication de produits tabagiques. Plusieurs autre responsables de la société ont également été placés sou mandat de dépôt, rapporte le site d’Ennahar.
Ils sont tous poursuivis, selon la même source, pour des faits de corruption, enrichissement suspect, blanchiment et transfert illégal de fonds vers les Émirats arabes unis. Les faits de cette affaire remontent au 13 novembre, après une enquête menée par l’Office central de lutte contre le crime organisé à Shaoula, révèle la même source. Les charges retenus contre les mis en cause de charges sont liées, outre le blanchiment d’argent, la violation de la législation et de la réglementation sur le change, transfert le de capitaux de et vers l’étranger, au crime de conflit d’intérêts.
En février 2024, les prémices d’un gros scandale à la STEAM ont commencé à paraitre suite à la décision de la justice de bloquer les transactions de la société mixte. En effet, le ministère de la Justice avait enjoint aux notaires de suspendre la conclusion de contrats avec la United Tobacco Company et la Société algéro-emiratie de Tabac.
La chambre nationale des notaires a d’ailleurs été informée de cette directive en janvier 2024. Celle-ci instruit les présidents des chambres régionales d’interdire le conclusion de tout contrat ou transaction avec les deux sociétés mixtes (STAEM et UTC), que ce soit avec des personnes morales ou physiques.
STEAM, société blacklistée depuis 2024
Cette consigne fait suite aux plaintes des autorités algériennes à l’encontre de la partie émiratie pour non-respect de l’accord signé en 2005. Les Émiratis devaient, selon l’accord, développer les capacités de la société de tabac et faire de l’Algérie un exportateur de produits tabagiques vers l’Europe et l’Afrique.
Or, ces engagements n’ont jamais été respectés, suscitant des soupçons de détournement de millions de dollars à l’étranger dans le secteur du tabac, avec des pertes qui se chiffrent en milliards pour l’Algérie sur plus de deux décennies. Pour rappel, en 2008, les investissements émiratis en Algérie devaient dépasser 50 milliards de dollars sur cinq ans selon les déclarations du ministre de l’Economie émirati de l’époque, Soltane Ben Saïd Al Mansour.
Mais, après plus de dix ans, ils n’ont atteint que 5 milliards de dollars, rappelle le site Algérie 360. Par ailleurs, des relations suspectes entre un homme d’affaires émirati et un conseiller personnel de l’ancien président Bouteflika ont été découvertes au début des années 2000. Les soupçons ont émergé en 2004 après le démantèlement de l’ex-Société nationale des tabacs et allumettes (SNTA), pourtant fort rentable, pour créer la Société algéro-émiratie de tabac (STAEM).
Initialement, la société nationale détenait 49 %, l’investisseur émirati 49 %, et 2 % appartenaient à une société du ministère des finances algérien. Cependant, la partie émiratie a manipulé les contrats pour devenir majoritaire avec 51 %, ce qui lui a permis de piller les fonds publics.
Par : Akram Ouadah







