Né le 19 novembre 1926 à Wiesbaden, en Allemagne, Winfried Müller, devenu Si Mustapha Müller en Algérie, a traversé le XXe siècle en militant infatigable des causes justes. Résistant au nazisme, combattant de la liberté aux côtés des Algériens, et défenseur passionné de la nature, son parcours atypique relie plusieurs fronts d’engagement, de l’Europe en guerre aux montagnes de Kabylie.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il prend parti contre le régime hitlérien. Il participe à la résistance en facilitant la désertion de soldats allemands vers les lignes soviétiques. Communiste engagé, c’est en 1956 qu’il rejoint l’Armée de libération nationale (ALN), en pleine guerre d’indépendance algérienne. Il y œuvre comme traducteur, mais surtout comme passeur d’idées et d’hommes. Sous le nom de Si Mustapha, il contribue à la désertion de plus de 4 000 soldats étrangers enrôlés dans l’armée française, un acte qui marque son engagement sans retour.
À l’indépendance, il choisit de rester dans le pays pour participer à son édification. Il intègre l’administration, notamment au sein des ministères de la Jeunesse, des Sports et de l’Information, où il occupe plusieurs postes à responsabilité. Formé comme forestier, il met ses compétences au service de la préservation de l’environnement. Nommé directeur technique national des sports de montagne, il joue un rôle central dans la création des parcs nationaux du Djurdjura et du Tassili N’Ajjer.
Il devient par la suite inspecteur général des Parcs nationaux et des zones protégées, fonction qu’il exercera jusqu’à sa retraite en 1988. Durant ses années de retrait, il se consacre à la sensibilisation à la biodiversité et à la cause écologique, à travers des articles, des conférences et des films documentaires.
Le 11 septembre 2022, un hommage lui est rendu par des randonneurs sur les hauteurs du Djurdjura. Une plaque commémorative est installée sur le pont Mustapha Müller, restauré à 1 700 mètres d’altitude, en mémoire de cet homme aux multiples combats.
Décédé en 1993, Si Mustapha Müller repose à Tamanrasset, symbole discret mais puissant de la solidarité internationale qui a marqué la lutte algérienne pour l’indépendance.
Par : A.D









