La Banque mondiale lance un avertissement majeur sur la situation énergétique de l’Algérie. Dans son rapport du 4 décembre 2025, l’institution internationale estime que le pays a “déjà exploité plus de 60 % de ses réserves prouvées”, un seuil critique qui fragilise la durabilité de son modèle économique. Les hydrocarbures représentent plus de 90 % des exportations de biens, une dépendance qui expose directement l’État aux fluctuations des cours du pétrole. Dans le même temps, la consommation locale continue de progresser, réduisant les volumes exportables dans un contexte où la demande mondiale devrait atteindre son pic vers 2030 avant de décliner.
Une vulnérabilité climatique en forte hausse
À cette pression énergétique s’ajoute une menace climatique grandissante. Entre 2000 et 2015, les catastrophes naturelles ont coûté 545 milliards de dinars, avec les inondations représentant 70 % des pertes. La Banque mondiale estime aujourd’hui que “ces pertes pourraient atteindre 0,7 % du PIB par an”, soit le double du niveau historique. Le pays subit déjà une hausse des températures de 1,5 à 2°C depuis les années 1960 et une baisse des précipitations de 10 à 20 % dans les régions les plus exposées. D’ici 2100, l’Algérie pourrait enregistrer une augmentation supplémentaire de 2 à 4°C, aggravant les phénomènes de sécheresse qui pèsent lourdement sur l’agriculture et accentuent les risques d’inondations dans les zones côtières densément peuplées.
Le défi du commerce extérieur et une note d’espoir
L’entrée en vigueur en 2026 du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union européenne ajoute une pression supplémentaire. Les exportations algériennes hors hydrocarbures – principalement le fer, l’acier, le ciment et les engrais – seront touchées par de nouvelles taxes en raison de leur forte intensité carbone.
L’Algérie devra donc verdir ses chaînes de production pour rester compétitive sur le marché européen, au risque sinon de perdre des parts de marché. Le rapport relève toutefois une avancée notable : en 2024, l’Algérie a enregistré la deuxième plus importante réduction mondiale du torchage de gaz, une pratique coûteuse et émettrice de CO₂. Un progrès significatif, même si l’effort de diversification économique et de transition reste immense pour sortir durablement du piège de la dépendance pétrolière.
Par : S.A.B.







