Par : Aimen Saheb
Une opération de relogement a été lancée avant-hier dimanche au profit des habitants des bidonvilles Bouabaz et la petite zone industrielle. D’ailleurs, les occupants des habitations précaires à l’ancienne ville n’ont qu’à attendre leur tour, comme ils l’ont toujours fait durant les années précédentes.
En effet, plusieurs centaines de familles de Bouabaz ont été relogées dans des nouvelles cités à Zefzaf, une opération longtemps attendue par les occupants de ces bidonvilles existants depuis les années 50. Cette tâche est considérée comme un pas historique dans le secteur de logement à Skikda.
Le début de cette opération qui ne concerne que les occupants des bidonvilles fait peur aux habitants de l’ancienne ville, ils se sentent exclus par les dirigeants du secteur, alors que la cheffe de l’exécutif a déclaré pendant le mois d’octobre que l’ancienne ville doit être vidée de ses habitants, car le risque d’effondrement menace les vies humaines, parce que les bâtisses de l’ancienne ville sont presque toutes jugées fortement dégradées, en particulier le quartier napolitain qui a connu au cours de ces dernières années une série d’effondrements spectaculaires. Ces bâtisses, d’une valeur historique et patrimoniale inestimable, sont désormais devenues un réel danger pour ses occupants.
Certains personnes pensent qu’il serait plus logique de reloger en premier l’ensemble des habitants de l’ancienne ville : « Un gourbi c’est un gourbi, ça ne représente aucun risque pour ses occupants, par contre nous vivons sous des tonnes de pierres qui peuvent tomber sur nos têtes à n’importe quel moment, il fallait étudier la situation avant de prendre cette décision. Nous n’avons rien contre les occupants des bidonvilles, au contraire nous souhaitons que tout le monde ait un logement respectable pour sa famille, mais logiquement, nous sommes prioritaires par rapport à eux » nous déclare un habitant du quartier napolitain.
Fragilisés par les conditions climatiques, les riverains de l’ancienne ville passent des nuits blanches ces derniers jours par crainte de ne plus se réveiller et d’être enfuis sous les ruines. Le cauchemar des chutes des plafonds et des escaliers se répète chaque jour chez eux, la peur citoyenne dans ces quartiers ne cesse de grandir, et le risque d’effondrement ne cesse d’augmenter aussi.
Ce n’est pas un problème de temps, mais plutôt une question de vie ou de mort pour les habitants de l’ancienne ville, les promesses des responsables, notamment celles de la wali ont réussi à calmer un petit peu la colère des riverains, la situation actuelle se dégrade à plusieurs égards, il est temps d’accélérer les procédures afin d’éviter le pire.
Pour le patrimoine de Skikda et, malgré les sommes faramineuses qui ont été englouties afin de récupérer l’un des piliers de l’histoire de la ville, la situation s’aggrave de plus en plus. Il est certainement impossible de rattraper le temps perdu pour revoir un jour, à nouveau, la glorieuse Russicada.











