À quelques jours de la fin du mois sacré du Ramadan, les jeûneurs à Jijel tentent de s’accrocher tant bien que mal aux habitudes d’un mois qui semble perdre de son originalité.
À la cherté de certains produits, qui chamboule ces habitudes, s’ajoute le dépit de faire face à un mois qui avance en saignant les ménages, lesquels devront encore affronter d’autres dépenses pour l’Aïd. Dans les marchés, on préfère scruter les prix avant de mettre la main à la poche pour s’offrir l’essentiel. L’espoir de voir les prix baisser au fur et à mesure que ce mois avance reste un vœu pieux.
Le poulet, qui se stabilise autour de 400 DA le kilo, tient toujours la dragée haute aux consommateurs à bas revenus qui n’ont plus les moyens de goûter à la viande rouge. La réalité est encore plus cruelle lorsque, dans les marchés, à vrai dire bien achalandés, la fraise qui fait son apparition frôle les 300 DA le kilo.
Alors que la banane importée fait parler d’elle et devient un produit cher, à Jijel, le prix de ce fruit produit localement, vendu à 480 DA le kilo, ne baisse pas non plus. Toutefois, ce prix semble suivre la même tendance haussière que celle de la banane importée.
Pour rappel, la production de la banane a été lancée à Jijel avec le concours et le soutien de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (Anade). Les autres produits ne sont pas en reste, bien que la pomme de terre reste à un prix abordable, ne dépassant pas les 60 DA.
Le concombre et la laitue restent intouchables, avec des prix ne descendant pas sous la barre des 220 DA depuis le début du mois sacré, tandis que le chou-fleur et le poivre doux sont exposés à 180 et 200 DA. Le poisson reste un produit de luxe par excellence, avec des prix donnant le tournis.
La sardine est à 1400 DA, alors que la dorade d’élevage est elle aussi exposée à un prix élevé oscillant entre 1300 et 1400 DA le kilo. Pour les saveurs qui ont fait la spécificité du mois sacré, le citoyen n’est pas encore au bout de ses peines. Les délices de ce mois ne sont plus des priorités. Et pour cause, la Zlabia et le Kalbellouz, rois des confiseries et des gâteaux du Ramadan, ne sont plus indispensables pour garnir la table à l’heure de la rupture du jeûne.
Le kalbellouz de Chekfa, rendu célèbre durant ses périodes fastes, garde toutefois intacte sa réputation. Les boutiques spécialisées dans sa fabrication attirent les clients inconditionnels venant de plusieurs localités de Jijel. À El-Milia, c’est l’incontournable zlabia de Boutias qui est au rendez-vous pour allécher les jeûneurs. Très cotée dans la région, elle attire des clients de passage dans cette agglomération périphérique aux abords de la RN 43, qui connaît une intense activité commerciale.
Au-delà des senteurs et des saveurs de ce mois, les nouvelles habitudes de consommation semblent imposer une prudence dans les dépenses. S’offrir l’essentiel et ne pas se laisser aller à des dépenses inutiles est la conduite adoptée pour faire face à la baisse du pouvoir d’achat, qui ne cesse de s’éroder.
Par : Amor Z










