Le directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Rémy Rioux, a mis un terme à la polémique née en France concernant de supposés financements français en Algérie, dans le cadre de l’aide que cette agence fournit, en y apportant un cinglant démenti.
S’exprimant, dimanche, sur la chaîne de télévision parlementaire «Public Sénat», celui-ci a précisé que ce qui est avancé par certains comme aide française au développement en Algérie représente les «bourses pour les étudiants algériens en France».
« Nous à l’AFD, on n’a pas d’activité en Algérie», a-t-il déclaré, affirmant que l’agence « ne fait pas de financement en Algérie».
Devant l’insistance du journaliste qui a voulu savoir combien coûtent les bourses d’étude financées par l’AFD, Rémy Rioux a lancé : «Encore une fois, l’Algérie ne s’endette pas, ne prend pas d’argent de l’Agence française de développement».
La déclaration du DG de l’AFD va éventuellement mettre un terme d’une manière définitive aux éléments de langage de l’extrême droite française, dont certains leaders ne cessent d’affirmer à chaque fois que «la France devrait mettre un terme à l’aide au développement accordée à l’Algérie».
L’Algérie dépose une plainte contre Sarah Knafo
Au mois de septembre de l’année dernière, l’eurodéputée Sarah Knafo, membre du parti Reconquête d’Eric Zemmour, avait indiqué que « la France avait versé 800 millions d’euros d’aide au développement à l’Algérie ».
« Nous donnons 800 millions d’euros à l’Algérie, et même 120 millions d’euros d’aide au développement à la Chine. La première puissance économique du monde, on l’aide à se développer ! Pendant ce temps, en France, on fait des appels aux dons pour financer nos hôpitaux…», a-t-elle posté sur les réseaux sociaux.
Quelques jours plus tard, l’APS annonce qu’ une plainte a été déposée par l’Etat algérien auprès du tribunal judiciaire de Paris pour diffusion de fake news à l’encontre de la députée européenne Sarah Knafo, du parti Reconquête».
Entre-temps, certains médias en France avaient commencé déjà à remettre en cause les chiffres rapportés par l’eurodéputé.
Au mois de février dernier, l’ambassade de France à Alger a apporté des précisions en affirmant que les fonds d’aide « ne sont pas directement versés à l’État algérien, mais sont destinés à des programmes bien définis ».
Il a été mentionné que dans la répartition en 2022, sur près de 130 millions d’euros, « 121 millions d’euros pour le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, principalement pour financer les bourses des étudiants algériens en France».
Et à la fin de ce même mois de février, alors que certains politiques français d’extrême-droite alimentaient toujours cette polémique, l’AFD a réagi en affirmant qu’elle n’avait pas accordé de prêt à l’Algérie depuis 2005.
L’AFD a réagi une première fois au mois de février
« Des dizaines de millions d’euros d’argent public donnés par l’AFD à l’Algérie ? Faux. Depuis 2005, aucun prêt n’a été octroyé à l’Algérie (qui rembourse chaque année les emprunts que ce pays avait préalablement contractés auprès de l’AFD) », avait écrit l’Agence sur les réseaux sociaux.
Ainsi, la déclaration faite par Rémy Rioux ce dimanche vient mettre un terme, d’une manière définitive, à cette polémique que l’extrême-droite a voulu entretenir notamment en appelant à l’arrêt d’«aides» qui n’ont jamais existé.
N’acceptant pas le fait que la France n’a pu avoir de levier pour faire pression sur l’Algérie, pour la pousser à prendre des positions, et mesures, qui vont dans le sens des intérêts français, cette frange de la classe politique française, a tenté donc par l’intermédiaire d’arguments fallacieux, de manipuler l’opinion publique en présentant l’Algérie comme un pays qui profite de l’aide au développement française.
Par : Elyas Abdelbaki










