La cérémonie d’ouverture de la 6ᵉ édition du Festival du film méditerranéen s’est tenue, avant-hier soir au Théâtre régional Azzedine Medjoubi, où la ville d’Annaba a vibré au rythme du 7ᵉ art dans une atmosphère mêlant émotion, prestige et reconnaissance du cinéma méditerranéen. Cette soirée d’exception, portée par un public nombreux et enthousiaste, a été marquée par une forte présence d’artistes et de personnalités de renom, confirmant Annaba comme un carrefour culturel majeur de la Méditerranée.
Stars du cinéma et légendes du sport
Le public sur le tapis rouge a réservé un accueil chaleureux à Salah Augrout, Bahia Rachedi, ainsi qu’aux stars égyptiennes Ilham Chahine et Sohir El Morchdi. La présence du réalisateur danois Bille August, double Palme d’or et lauréat d’un Oscar, a conféré à cette ouverture une dimension internationale.
Côté sport, les légendes du football algérien Lakhdar Belloumi et Rabah Madjer ont également honoré l’événement de leur présence, suscitant une vive émotion parmi les spectateurs.
Cette 6ᵉ édition, qui se tient du 24 au 30 avril, réunit plus de 55 films issus de 20 pays, illustrant la richesse et la diversité du cinéma méditerranéen.
Annaba, une ville de culture et d’ouverture
La cérémonie a été présidée par la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, en présence du wali d’Annaba, des autorités locales, ainsi que de l’ambassadeur de la République arabe d’Égypte en Algérie.
Dans son allocution, la ministre a souligné que Annaba, «Hippone, terre de paix», dépasse son statut de ville côtière pour s’inscrire comme un espace chargé d’histoire et de spiritualité, ayant accueilli au fil des siècles savoirs et civilisations. Elle a affirmé que ce festival constitue le prolongement d’un héritage civilisationnel, où le cinéma agit comme un langage universel permettant de poser des questions fondamentales et de rapprocher les peuples.
Elle a également insisté sur la nécessité de réintégrer pleinement le cinéma dans le quotidien des citoyens, en facilitant son accès, en réactivant les salles et en développant les projections itinérantes.
Prenant la parole, le wali d’Annaba a souhaité la bienvenue aux invités, mettant en avant la capacité de la wilaya à accueillir des événements d’envergure internationale, tout en rappelant la dynamique culturelle que connaît la ville.
Le commissaire du festival, Mohamed Allal, a qualifié cette édition «d’exceptionnelle» et a mis en avant une programmation ambitieuse, tournée vers les réalités du monde méditerranéen. Il a souligné que les œuvres présentées abordent des thématiques issues des deux rives, notamment la Palestine, le Sahara occidental et l’Algérie, insistant sur le caractère transversal du festival, qui réunit cinéma, culture et sport.
Le Jujube d’Or pour saluer des carrières d’exception
Moment fort de la soirée, la remise du «Jujube d’Or» a distingué plusieurs figures emblématiques du cinéma pour l’ensemble de leur carrière. Parmi les honorés figuraient Salah Augrout, Bahia Rachedi, Ilham Chahine, Sohir El Morchdi, ainsi que Bille August. Une distinction symbolique venue consacrer des parcours marqués par la créativité, l’engagement et le rayonnement du cinéma méditerranéen et international.
L’Égypte à l’honneur et la profondeur des liens historiques
Invitée d’honneur de cette édition, l’Égypte a occupé une place centrale. L’ambassadeur égyptien, Abdel Latif El Laidj, a exprimé sa gratitude pour cet hommage, affirmant que ce choix reflète la profondeur des relations historiques et culturelles entre les deux pays.
Dans son discours, il a souligné que le festival constitue une véritable plateforme d’échanges créatifs et de dialogue entre les peuples, rappelant que le cinéma est une langue universelle capable de dépasser les frontières.
Évoquant la coopération algéro-égyptienne, il a rappelé qu’elle s’étend sur plus de 50 ans, avec des œuvres majeures telles que Le retour de l’enfant prodigue du réalisateur Youssef Chahine.
Enfin, il a tenu à saluer le rôle pionnier du cinéma algérien, soulignant qu’il a su, à travers les décennies, exprimer avec sincérité les causes du peuple algérien et porter son identité avec authenticité.
Par : I.S









