À Oum El Bouaghi, la question du logement refait surface avec acuité, alors que plusieurs projets de logements promotionnels aidés (LPA) et logements participatifs restent en suspens depuis plus de quatorze ans.
Face à cette situation jugée « inacceptable », les autorités locales ont engagé une série de sorties de terrain et préparent désormais des mises en demeure à l’encontre des promoteurs n’ayant enregistré aucun avancement notable dans leurs chantiers.
Dans un premier temps, les services de la wilaya ont procédé à une évaluation détaillée des programmes en retard à travers les différentes communes, en inspectant les obstacles techniques, administratifs et financiers qui empêchent leur achèvement. Selon les instructions du wali, Ben Abdallah Chayeb Eddour, les promoteurs défaillants recevront, dès la semaine prochaine, des avertissements officiels, étape préalable à l’application de mesures plus sévères, comme la résiliation des contrats conformément à la réglementation en vigueur.
Parallèlement, les services concernés travaillent avec le Fonds national de garantie et de caution mutuelle dans la promotion immobilière pour réattribuer les projets ayant déjà fait l’objet de décisions judiciaires de résiliation. L’objectif est de permettre à de nouveaux promoteurs d’intervenir rapidement, sous supervision directe du Fonds, qui s’engagera à mener les travaux jusqu’à leur finalisation sans modifier les contrats de vente sur plans, afin de préserver les droits des souscripteurs.
La situation reste particulièrement critique à Aïn M’lila, où les bénéficiaires de plusieurs programmes, dont celui des 250 + 150 logements LPA, dénoncent un blocage persistant des travaux de raccordement aux réseaux vitaux : gaz, électricité, assainissement et eau potable. Ces carences empêchent des centaines de familles d’intégrer des logements attendus depuis plus de quatorze ans, malgré l’avancement notable des bâtiments eux-mêmes.
Les souscripteurs du programme des 250 logements du secteur n°4 ont, une nouvelle fois, lancé un appel pressant aux autorités locales. Ils déplorent l’arrêt répété des travaux de raccordement, alors même que les injonctions du wali, lors de sa dernière visite à Aïn M’lila, exigeaient une mise en service des réseaux et la livraison des logements avant mars dernier. Mais les travaux ont, encore une fois, été interrompus sans explications officielles.
Entre procédures judiciaires, lenteurs administratives et défaillances répétées des promoteurs, les habitants espèrent que les nouvelles mesures contraignantes permettront enfin de débloquer des projets devenus synonymes d’attente, d’incertitudes et de lassitude.
Par : Younes Sid







