La Banque d’Algérie (BA) vient encore de resserrer l’étau autour des risques des opérations à l’international. Par la circulaire n°03-26 du 26 avril 2026, la BA réduit le plafond relatif aux engagements extérieurs des banques et établissements financiers de 50% des fonds propres. Une décision à fort impact sur le plan de la prudence, qui s’inscrit dans une tendance à long terme caractérisée par un désengagement progressif de l’exposition du risque extérieur. Une décision qui prend effet à compter du 1er mai 2026.
«Le niveau des engagements extérieurs par signature des banques et établissements financiers ne doit dépasser cinquante pourcent (50%) de leurs fonds propres réglementaires tels que définis par la réglementation prudentielle en vigueur», a indiqué la BA dans cette instruction «modifiant l’instruction n° 02-2015 du 22 juillet 2015 fixant le niveau des engagements extérieurs des banques et établissements financiers».
Par engagements extérieurs par signature au titre des opérations d’importation, avait expliqué la BA dans cette précédente instruction, «il faut entendre l’ensemble des engagements par signature afférents aux opérations d’importation, déduction faite des dépôts de garantie et provisions constitués en dinars au titre de ces opérations».
En d’autres termes, les engagements extérieurs regroupent toutes les garanties, cautions, instruments financiers, consentis par les banques dans le cadre d’opérations avec l’étranger notamment pour ce qui est du financement des importations. Jusque-là, l’instruction de 2015 prévoyait un niveau d’engagement pouvant atteindre 100 % des fonds propres. Le nouveau seuil vient ainsi restreindre de moitié cette possibilité, ce qui contraint les banques à une plus grande prudence dans la gestion de leurs concours à l’international.
Il s’agit d’un durcissement qui n’est pas nouveau puisque cela s’inscrit dans une évolution initiée en 1994 lorsque les autorités monétaires avaient entamé une réduction graduelle de ce niveau d’exposition extérieure pour renforcer la solidité du système bancaire nationale.
En 1994, le niveau était de «4 fois les fonds propres». En 2014, il est passé à «2 fois». Une année plus tard, en 2015 donc, le niveau devient «une fois les fonds propres». Et aujourd’hui, il est désormais question de 50%.
À chaque étape, l’intention était de mieux contrôler les risques d’exposition aux marchés mondiaux et d’entretenir les équilibres financiers domestiques.
L’instruction 03-26 répond ainsi à plusieurs impératifs. D’une part, elle cherche à atténuer l’impact d’éventuels chocs externes au sein du système bancaire. D’autre part, dans un contexte où le contrôle des importations continue de relever d’un enjeu stratégique, elle permet une gestion plus rigoureuse des réserves en devises.
En somme, la décision s’inscrit dans une démarche générale de renforcement du cadre prudentiel qui est conforme aux normes internationales de régulation bancaire.
Par : Elyas Abdelbaki










