La France coloniale, responsable d’une catastrophe environnementale dans le Sud du pays, devait «assumer pleinement ses responsabilités historiques, morales et juridiques dans l’élimination de ces déchets radioactifs», estime la ministre de l’Environnement, Nadjiba Djilali.
La décontamination des sites irradiés dans le sud du pays à la suite d’essais nucléaires menés par la France colonial est impérieuse au vu des risques sanitaire que font toujours peser sur les populations locales les déchets radioactifs. D’où l’insistance des autorités algériennes auprès de la France afin de nettoyer de vastes étendues du sud algérien ayant servi de sites d’expérimentation durant les années 1960.
La demande maintes fois adressée par l’Algérie à la France l’exhortant à nettoyer les ces sites est «tout à fait légitime», a d’ailleurs estimé le cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, Patrice Bouveret. «La demande des autorités algériennes de nettoyer les sites est bien évidemment importante et tout à fait légitime», a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’APS. L’Observatoire des armements est, fut-il le préciser, un organisme français indépendant spécialisé dans l’expertise et la documentation liées, entre autres, aux essais nucléaires.
En janvier, Nadjiba Djilali, a indiqué que la France coloniale, responsable d’une catastrophe environnementale dans le Sud du pays, devait «assumer pleinement ses responsabilités historiques, morales et juridiques dans
l’élimination de ces déchets radioactifs». Patrice Bouveret a déploré, à ce propos, le fait que les autorités françaises n’assument pas les conséquences de leurs actes. «Le principal blocage est l’absence de volonté politique des autorités françaises d’assumer concrètement les conséquences de leur politique nucléaire», a-t-il déclaré. Interrogé au sujet de la loi Morin de 2010 dont le but, en théorie, est de permettre l’indemnisation des victimes des explosions nucléaires
françaises, M. Bouveret a estimé que cette loi avait pour réel objectif de limiter les bénéficiaires des indemnisations. La loi Morin, du nom du ministre de la défense lors de son adoption par le Parlement, «a malheureusement parfaitement rempli son objectif, à savoir donner le sentiment d’une prise en compte des conséquences sanitaires des explosions nucléaires réalisées par la France, mais en limitant, autant que faire se peut, le nombre de bénéficiaires d’une indemnisation», a-t-il révélé, citant les chiffres insignifiants des personnes indemnisées
notamment en Algérie, où seules deux personnes ont été indemnisées.
Pour cet expert, en plus du travail parlementaire, «des initiatives peuvent d’ores et déjà être prises par simple décret par le gouvernement français pour, par exemple, élargir la liste des maladies ouvrant droit à une indemnisation ou également la modification des zones au Sahara dans lesquelles les personnes devaient résider pour que leurs dossiers soit acceptés», a-t-il dit.
Par: Akram Ouadah









