Les syndicats de l’Éducation expriment une profonde insatisfaction face à l’avant-projet de révision du statut particulier, estimant que plusieurs dispositions risquent d’affaiblir davantage un système déjà sous pression. Ils dénoncent l’intégration limitée dans les grades supérieurs, les mécanismes de promotion fondés avant tout sur l’ancienneté et la formation, ainsi que l’absence d’une véritable harmonisation des classifications entre les personnels pédagogiques et administratifs. Pour eux, ce texte marque un retour en arrière par rapport au statut 25/54, qui avait amorcé un début d’équilibrage dans la durée et la nature des formations requises aux différents paliers.
Une réunion qui ne dissipe pas les inquiétudes
La contestation intervient après une réunion présidée par le ministre de l’Éducation nationale, Mohammed Seghir Sadaoui, consacrée à la présentation des propositions de révision du décret 25-54. Le ministre a reconnu que les lacunes les plus importantes concernaient le corps des services économiques, tout en mentionnant d’autres remarques formulées par les syndicats. Il a assuré que la commission sectorielle chargée du dossier avait travaillé sur des amendements appuyés sur des bases réglementaires claires, dans l’objectif de garantir l’équité entre les corps.
Pourtant, Boualem Amoura, secrétaire général du SATEF, juge la démarche peu cohérente : selon lui, la révision est prématurée tant que le statut général de la Fonction publique (06-03) n’a pas été promulgué. Il rappelle aussi que le statut particulier de l’Éducation a déjà été adopté par le Conseil des ministres et publié au Journal officiel en février 2025, en attente seulement de ses textes d’application. À ses yeux, le nouvel avant-projet apporte peu d’améliorations, notamment pour le primaire, et constitue même un affaiblissement sur plusieurs volets.
Des revendications réaffirmées
Les syndicats insistent sur une série de revendications qu’ils souhaitent voir intégrées sans ambiguïté : la suppression totale de la formation obligatoire comme condition de promotion, l’intégration automatique dans les grades supérieurs, l’accès des enseignants du premier grade aux fonctions de direction, la possibilité pour les enseignants du second grade de redevenir inspecteurs et la réduction des 15 années d’ancienneté jugées disproportionnées pour accéder à certains postes.
Ils soulignent également la nécessité d’une harmonisation complète des grilles entre administratifs et enseignants, un point qu’ils considèrent essentiel pour corriger les disparités actuelles, où des agents nouvellement recrutés débutent à des grades parfois supérieurs à ceux de professeurs principaux expérimentés. À cela s’ajoutent leurs critiques concernant la surcharge horaire et des programmes jugés trop lourds, qui nécessiteraient selon eux un allégement réel.
Malgré leurs réserves, plusieurs mesures sont saluées, comme le congé académique rémunéré d’un an pour la préparation d’un master ou d’un doctorat, la révision du calendrier de mutation permettant une mobilité tous les deux ans, ainsi que le renforcement de l’autorité hiérarchique au sein des établissements. D’autres organisations favorables au processus ministériel annoncent d’ailleurs qu’elles finaliseront et déposeront leurs propositions dans les prochains jours, dans l’espoir d’un traitement rapide du ministère.
Par : S.A.B.








