Le fils du Colonel Amirouche, chef de l’historique wilaya III, s’adresse au chef de file du MAK, Ferhat M’henni et plaide, avec force, pour l’unité nationale.
Les voix dénonçant le prétendu projet d’indépendance de la Kabylie se multiplient en Algérie et ailleurs. Les réactions sont nombreuses, fermes, et rejettent toutes les tentatives désespérées de partition du pays que mène essentiellement le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé terroriste par l’Algérie. Dans une déclaration publiée hier sur sa page facebook, l’ancien député Noureddine Ait Hamouda, fils du Colonel Amirouche, chef de l’historique wilaya III, s’adresse au chef de file du MAK, Ferhat M’henni et plaide, avec force, pour l’unité nationale.
« Quarante ans. Quarante ans de chemins croisés, de luttes communes, d’une amitié forgée dans l’engagement et consolidée dans l’épreuve. Cette lettre, aussi douloureuse soit-elle à écrire, est le fruit de cette longue histoire partagée », écrit-t-il en préambule. Il déroule, par la suite, son parcours militant et son emprisonnement aux coté de Ferhat Mehenni à Berrouaghia. « Je garde en mémoire ces débuts au sein du mouvement culturel berbère, dans les combats pour les droits de l’Homme et l’Association des Enfants de chahids, où nos convictions nous ont valu un passage commun devant la Cour de sûreté de l’État, poursuit-t-il. Je n’oublierai jamais les instants partagés dans la prison de Berrouaguia, ni ton rôle de phare lumineux pour toute une génération. Tu étais, comme le disait si justement l’illustre Kateb Yacine, un maquisard de la chanson, maniant la musique et la poésie comme des armes d’émancipation. »
Puis, dans cette même lettre, il revient sur les combats politiques menés au sein du RCD et ses premières divergences avec Mehenni.
« Nous avons ensuite milité côte à côte au sein du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), portant haut des idéaux qui nous étaient chers (….) Notre première divergence sérieuse est survenue à propos du boycott scolaire que tu avais décrété à Tizi-Ouzou. (…) J’ai vu avec amertume le sacrifice imposé à une génération, tandis que certains évacuaient leurs propres enfants vers la France. Cette contradiction – la grève pour les enfants des humbles, l’école française pour les enfants des autres – a marqué un premier désaccord profond », ajoute-t-il.
« Un adieu est nécessaire »
Noureddine Ait Hamouda souligne que malgré cela, il a maintenu d’excellents rapports avec Mehenni, échangeant à Paris ou au téléphone, jusqu’à il y a quatre ans. Et de préciser : « Comme tu le savais, je n’ai cessé de te défendre, contre vents et marées, même dans les moments les plus difficiles pour moi. Tu savais l’estime et l’amitié que je portais à ton parcours et à ce que tu as accompli.
C’est pourquoi ta dérive progressive, puis ta chute, m’ont attristé au plus profond de moi-même. » Le fils du Colonel Amiroche fait savoir, en outre, que le point de non-retour entre lui et mehenni fut franchi en 2018 avec sa déclaration unilatérale d’indépendance de la Kabylie. « J’ai d’abord cru à une lubie, un coup d’éclat d’un militant aigri.
Comment oses-tu proclamer l’indépendance de la Kabylie à partir de la capitale d’un pays qui nous a colonisés durant 130 ans ? Comment pouvais-tu engager toute une région dans une aventure aussi périlleuse, reniant par là même toutes les luttes menées par la Kabylie de 1830 à nos jours ? », s’offusque-t-il, dénonçant les accointances de Meheni avec l’entité sioniste, le Makhzen et l’extrême droite française. Et lui lance : « Te voir brandir le drapeau israélien dans des manifestations à Paris, soutenu par l’État israélien, le Makhzen marocain et l’extrême droite française, a été un spectacle insupportable.
Tu as renié toutes les valeurs de justice, de dignité et de résistance anticoloniale que nous avons portées ensemble. Par ces actes, tu as coupé les liens avec la Kabylie profonde et ses valeurs immuables.» Il lui adresse un au revoir qui en dit long sur sa déception face aux dérapages du MAK : « Pour toutes ces raisons, un adieu est nécessaire. Il n’est pas prononcé avec haine, mais avec la tristesse résignée de celui qui constate la mort d’une fraternité et l’inéluctable renoncement d’un parcours.
En dépit de tout, je préfère, et je préférerai toujours, la prison d’El Harrach au service des intérêts inavoués et aux manipulations d’officines étrangères. Le choix de l’honneur, notre honneur, est à ce prix. » Il estime, en conclusion, que cette lettre est la fin d’un long chapitre. « Elle est le constat douloureux qu’entre la fidélité à la mémoire collective et les errances solitaires, notre chemin s’arrête ici. »
Par : Akram Ouadah








