Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a officiellement répondu à la demande formulée par plusieurs formations politiques visant à organiser une marche nationale pacifique en solidarité avec le peuple palestinien. Dans une correspondance signée par le secrétaire général du ministère, Hamoud Jamaa, l’État précise qu’il autorise uniquement les rassemblements dans les lieux publics couverts, conformément aux dispositions légales en vigueur. Cette réponse repose sur la loi 89-28 du 31 décembre 1989 relative aux réunions et manifestations publiques, qui encadre strictement les modalités d’organisation des rassemblements dans l’espace public.
14 partis politiques avaient demandé à marcher à Alger
Initialement signée par douze partis, la demande concernait une marche à Alger les 7 ou 8 août, sous le slogan « L’Algérie avec la Palestine : contre la famine et le déplacement ». Parmi les signataires figuraient le Rassemblement Espoir de l’Algérie (TAJ), le Parti des Travailleurs (PT), le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), El Fadjr El Djadid, Ennahda, Jil Jadid, entre autres. Le collectif, qui s’est élargi à quatorze formations, avait réaffirmé son soutien à la cause palestinienne lors d’une réunion au siège du MSP, dénonçant l’agression israélienne en cours à Gaza, les crimes de guerre, le déplacement de civils et le blocus alimentaire.
L’adhésion du Front de Libération Nationale (FLN), parti dominant au Parlement, à cette initiative, ajoute un poids politique supplémentaire à cet appel qui dépasse les clivages idéologiques habituels. Malgré un large élan de solidarité, les autorités privilégient la prudence dans la gestion de l’espace public, n’ayant autorisé qu’une seule marche dans la capitale depuis le début des événements à Gaza. D’autres tentatives, souvent spontanées, ont été dispersées par les forces de l’ordre, parfois accompagnées d’interpellations de militants, relâchés ensuite dans la journée.
Dans leur déclaration, les partis ont appelé à la mobilisation de l’ensemble de la société civile, plaidant pour l’ouverture des espaces publics dans toutes les wilayas du pays. Ils ont également proposé d’utiliser les manifestations culturelles et artistiques comme vecteurs de solidarité avec le peuple palestinien. En dépit des restrictions sur les manifestations dans la rue, la cause palestinienne continue d’unir les Algériens au-delà des appartenances politiques, à travers des campagnes de sensibilisation, des collectes de fonds, des actions humanitaires et des événements culturels de soutien.
Par : S.A.B.









