À travers les récits de deux anciens détenus de la prison de Serkadji, le film propose une plongée dans l’univers carcéral de la période coloniale et ravive la mémoire de ceux qui ont payé de leur vie leur engagement pour l’indépendance.
Présenté en avant-première à la Cinémathèque d’Alger, le documentaire ” Les témoins d’un passé emprisonné” marque les débuts dans le cinéma documentaire de Mariem Abbou et Samia Hali, deux journalistes de la Chaîne III. D’une durée de 19 minutes, cette production de 2026 repose essentiellement sur les témoignages des moudjahidine Djilali Mouhoun et Redouane Benani. Tous deux reviennent sur leur incarcération à Serkadji durant la Guerre de libération nationale, évoquant les conditions de détention, les réseaux de solidarité entre prisonniers et l’ombre permanente des condamnations à mort.
Les souvenirs livrés à l’écran sont souvent empreints d’une forte émotion. Djilali Mouhoun peine ainsi à contenir ses larmes lorsqu’il évoque certains de ses compagnons de cellule disparus. Son récit rappelle la dure réalité vécue par les détenus nationalistes et le traumatisme laissé par les exécutions qui se déroulaient au sein même de l’établissement pénitentiaire.
De son côté, Redouane Benani décrit l’organisation clandestine mise en place par les militants du Front de libération nationale derrière les barreaux. Malgré la surveillance constante de l’administration coloniale, les prisonniers parvenaient à maintenir des liens entre les cellules et à structurer leur action dans le plus grand secret. Le documentaire aborde également un dossier toujours sensible : celui des restes des martyrs. Djilali Mouhoun revient sur les dépouilles transférées au cimetière d’El Alia, dénonçant les conditions dans lesquelles elles auraient été restituées. Selon lui, plusieurs sépultures présentaient des dépouilles incomplètes, une situation vécue comme une atteinte à la dignité des chouhada.
Construit autour de ces témoignages, “Témoins d’un passé emprisonné” se présente avant tout comme un travail de transmission. Le film remet en lumière une page douloureuse de l’histoire nationale et donne la parole à des hommes dont les souvenirs constituent aujourd’hui une précieuse source pour la préservation de la mémoire de la Révolution algérienne.
Par : Aly D











