Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, s’est engagé, au terme de sa visite de travail dans la wilaya de Jijel, à concrétiser les projets ayant fait l’objet de détournements de fonds publics. Il a assuré, dans ce cadre, que le gouvernement veillera à un “suivi rigoureux”, conformément aux instructions du président de la République. M.Sifi a, à ce titre, rappelé que le complexe de trituration de graines oléagineuses et d’extraction d’huiles végétales “KOTAMA AGRI FOOD”, qu’il a inspecté, avait été “récupéré alors que son taux de réalisation ne dépassait pas 20%, tandis que les transferts bancaires de celui-ci avaient dépassé 60%, ce qui illustre l’ampleur du pillage”. Et d’ajouter que les directives du président Tebboune et son engagement devant le peuple algérien à récupérer cet argent “se sont concrétisés aujourd’hui grâce à des cadres algériens intègres, diplômés de l’école algérienne, qui ont pris en charge ce projet malgré sa complexité technique et technologique”.
Et d’ajouter: “Chose promise, chose due… Les orientations et les engagements du président de la République se concrétisent aujourd’hui grâce aux cadres algériens et à la récupération des projets pillés dans le cadre de la lutte contre la corruption”. Précisons que dans le cadre de sa lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent, l’Algérie multiplie les démarches judiciaires et diplomatiques pour tracer et récupérer les avoirs illicites transférés à l’étranger.
Le ministre de la Justice, Garde des sceaux, M. Lotfi Boudjemaâ, a, récemment, dévoilé les avancées et les défis rencontrés dans ce combat d’envergure internationale.
Il a notamment révélé que les autorités judiciaires ont adressé 335 demandes d’entraide judiciaire sous forme de commissions rogatoires internationales à 32 pays différents. Ces requêtes s’inscrivent dans le cadre des efforts visant à identifier, bloquer et confisquer les fonds issus de la corruption. «La récupération des revenus criminels participe activement à la lutte contre ce fléau», a-t-il souligné, tout en précisant que les réponses varient considérablement d’un État à l’autre.
Aussi, 53 demandes spécifiques de restitution d’avoirs ont été envoyées à 11 pays, dont un pays africain. Ces démarches font l’objet d’un suivi rigoureux par les autorités judiciaires ainsi que par la Commission nationale d’experts chargée de la récupération des fonds détournés, qui assure la coordination entre les différentes parties prenantes.
Une coopération internationale ‘’ rentable’’
Pour accélérer les procédures, le ministère de la Justice a organisé des réunions périodiques par visioconférence avec les représentants des pays sollicités, tandis qu’une délégation d’experts s’est déplacée sur place pour faciliter les échanges. Ces efforts ont déjà porté leurs fruits, avec la restitution de plusieurs biens et fonds, selon le ministre.
Cependant, des obstacles subsistent. Le ministre a pointé du doigt la complexité des procédures judiciaires dans certains pays, ainsi que la multiplicité des intervenants (juges, procureurs, diplomates), qui ralentissent parfois les avancées.
Depuis 2019, l’État algérien, sous l’impulsion du président Tebboune, a fait de la récupération des fonds détournés une priorité nationale. À plusieurs reprises, le chef de l’État a réaffirmé sa détermination à «récupérer intégralement les biens pillés», en collaboration avec les pays européens. «Des sommes faramineuses ont été détournées en l’espace de 10 à 12 ans», a-t-il déclaré, tout en saluant la coopération de «la majorité des pays européens», prêts à restituer ces avoirs «dès lors que les procédures légales sont respectées».
Par : Akram Ouadah









