Le ministre de la communication M. Mohammed Meziane et le Secrétaire Général du Haut-Commissariat Amazigh, Si El-Hachemi Assad, accompagné chacun des cadres de leur institution, ont été reçus, hier, dans la wilaya de Batna dans le cadre du travail et de promouvoir le processus de promotion de Tamazight dans le secteur de la communication et des médias, plus précisément l’utilisation de la communication en langue amazighe.
La journée d’études a été organisée à l’auditorium de l’université Hadj Lakhdar en présence du Dr Benmalek, du ministre de la Communication, du commissaire du HCA, du wali de Barika, ainsi des autorités locales, de la presse locale et d’autres cadres relevant de la wilaya de Batna. Cette rencontre vise particulièrement l’utilisation de la communication en langue amazighe.
Les deux responsables ont fait une lecture et une évaluation du processus de promotion de Tamazight dans le secteur de la communication et des médias depuis la création du HCA en 1995. Ils ont discuté des voies et moyens à même de renforcer la coopération entre les deux institutions. Le SG du HCA, Si El-Hachemi Assad a fait savoir, lors de son allocution, que l’utilisation de la communication et les principaux défis en langue amazighe nécessitent la mise en place d’outils et de pratiques variées. Cela inclut le développement de la langue dans la société algérienne, ainsi que son intégration dans les systèmes d’information et de communication.
Son usage en classe peut motiver les apprenants et contribuer à la préservation de la langue. Le texte met en avant l’importance de construire des principes et de développer des usages de la langue tamazight. L’informatisation de la langue est également un facteur-clé pour sa diffusion et son utilisation dans les technologies modernes, afin de renforcer la reconnaissance, développer des ressources, standardiser la langue, et favoriser la sensibilisation, qui sont essentiels pour surmonter ces défis, a souligné le même responsable du HCA. Ce dernier a indiqué à Le Provincial : «Le HCA, que je représente ici, est prêt à s’investir encore plus afin de contribuer encore davantage au développement culturel et économique au niveau régional et national». Selon lui, sa mission est d’être en phase avec tous les segments de la société algérienne. «La langue et la culture amazighe ont besoin de repères constitutionnels fondamentaux d’expression et d’épanouissement de la pluralité des valeurs symboliques algériennes .
Pour sa part, le ministre de la communication, Meziane Mohammed, a toutefois indiqué que «ce colloque, sur le thème de la Tamazight dans les médias, est un thème qui m’interpelle en tant que ministre en charge de la communication». Les experts de la communication, ainsi que les professionnels des médias le savent. Les médias, particulièrement la radio et la télévision, constituent les espaces les plus privilégiés pour la promotion et le développement des langues et des cultures. L’essence même d’un média est de communiquer dans la langue de l’auditoire pour lequel il est destiné. C’est d’abord une exigence professionnelle, mais surtout une obligation lorsque le média est de service public. Il est à souligner que l’Amazigh est une langue millénaire parlée dans toute la sphère de l’Afrique du Nord, des îles Canaries (Tiknariyine), à l’oasis de Siwa (Issiouane) en Égypte jusqu’en Mauritanie, dans le nord du Mali, au Niger et au Burkina Faso. Le Tamazight, dans ses multiples variantes, est la langue maternelle des populations qui occupent un vaste territoire nommé Tamazgha [Tamazɣa], correspondant à la Libye de l’Antiquité.
Longtemps relégué au second plan, même du temps de la Numidie lorsque le punique et le latin étaient des langues officielles, le tamazight a survécu, bravant les obstacles et les interdits, brisant un à un les anneaux des chaînes qui le maintenaient au rang des langues orales en voie de disparition grâce aux efforts déployés par des hommes et des femmes de lettres et de culture, jaloux de cet héritage. Depuis des décennies, sans relâche, ils œuvrent à perpétuer leur langue maternelle, qui représente un patrimoine linguistique et culturel très ancien, riche et varié, sans pour autant oublier, que le Tamazight comme langue maternelle de millions de personnes, a été classé parmi les langues menacées de disparition par l’UNESCO, apprend-on.
Par : Benyahia Abdelmadjid







