Les professionnels de la santé constatent de manière générale une forte augmentation de la consommation de substances en milieu professionnel. Ils distinguent deux types d’addiction : les dépendances à des produits et les dépendances comportementales. Les causes peuvent être multiples. Elles sont parfois en prise directe avec le travail lorsqu’elles sont un moyen de supporter, voire de mieux réaliser son travail. Un cadre juridique a été mis en place, mais les situations sont souvent complexes à objectiver et à gérer au sein de l’entreprise. Les questions du maintien dans l’emploi et de la prévention sont alors des sujets préoccupants et restent perplexes.
A cet effet, la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés, (CNAS) relevant de la wilaya de Batna a organisé, avant-hier, une journée de sensibilisation intitulée «Opérations de sensibilisation sur la prévention du fléau de la drogue et de ses effets négatifs», et ce, en coordination avec les différents acteurs dans ce domaine (toxicomanie, addiction dans le milieu de travail), prévention oblige.
La journée de sensibilisation a eu lieu à la grande salle de conférences du centre de dépistage, de diagnostic et de soins (CDS Emir Abdelkader), situé en plein centre-ville, en présence du Dr Benmalek Mohamed, wali de Batna, du directeur général de la CNAS, Mourad Ghorab, du directeur de l’établissement (CDS), Dr Douadi Chaouki, de médecins et de spécialistes du secteur, ainsi que du professeur en psychiatrie, Belkacemi Mohamed et autres cadres de la CNAS relevant de la wilaya de Batna.
A souligner que ces dernières années, de nombreuses drogues de synthèse ont fait leur apparition. Bon marché et particulièrement populaires chez la jeune génération, elles sont souvent vendues sous forme de comprimés colorés arborant toutes sortes de dessins. A noter aussi que le manque de connaissances est la cause principale de la consommation de ces substances chimiques synthétiques en milieu scolaire, et travail entre autres. En effet, un taux plus ou moins élevé des élèves, qui n’en connaissent pas les méfaits, sont curieux et essaient à titre expérimental, influencés par les autres.
Les assurés et le rôle des différentes caisses. ?
Le directeur de la CNAS de Batna a indiqué à Le Provincial qu’il en existe 3 sortes de caisses dans chaque wilaya. Ces dernières disposent d’une structure dénommée Agence de wilaya, qui fonctionne comme une annexe de la Caisse, telles que la CNAS, la Caisse nationale des retraités (CNR) et enfin la Caisse nationale de l’assurance chômage (CNAC), apprend-on. Il est à noter, tout d’abord, que ces caisses nationales dépendent du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité, qui est en charge de la tutelle desdites caisses nationales citées. Il faut savoir aussi, que le rôle de chacune de ces caisses est géré différemment. A commencer par la CNAS, qui celle-ci assure la gestion des prestations en nature et en espèces des assurances sociales, des accidents du travail et des maladies professionnelles ainsi que le service des prestations familiales pour le compte de l’Etat.
Outre, la Caisse nationale des retraités (CNR) qui gère les pensions et allocations de retraite ainsi que les pensions et allocations de survivants, et enfin la Caisse nationale de l’assurance chômage (CNAC) qui gère les prestations chômage, l’aide aux entreprises en difficulté pour mener au mieux les procédures de licenciement, l’aide à la réinsertion, l’aide à la création d’activités pour les chômeurs de plus de 30 ans. Pour ce qui est de la caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS), elle assure le recouvrement des cotisations de sécurité sociale, a-t-on appris auprès dudit directeur.
Selon M. G. Mourad, indiquant à Le Provincial, que des dizaines de participants, entre médecins, psychologues et autres cadres du secteur se sont réunis pour la 1ère fois à Batna pour cette journée de sensibilisation, avec la collaboration du professeur en psychiatrie, M. Belkacemi M, pour débattre des urgences, de la toxicomanie, des drogues, des produits prohibés dans le milieu des jeunes dans les établissements scolaires et universitaires, sans pour autant oublier l’addiction dans le milieu du travail qui est souvent répandue dans la société. En terme général, l’addiction ou dépendance est une pratique qui se définit comme l’envie répétée et irrépressible de consommer un produit en dépit de la motivation et des efforts de la personne pour s’y soustraire.
Dans son allocution, le directeur de la Caisse nationale d’assurances sociales, (CNAS), M. Ghorab, a fait savoir que les pratiques addictives au travail représentent un véritable fléau en matière de santé et sécurité pour les entreprises. Loin d’être une question individuelle, la prévention des addictions interroge l’organisation du travail. Conscients de la complexité du sujet, les pouvoirs publics ont décidé d’inscrire la prévention des conduites addictives dans le Plan santé au travail en Algérie comme ailleurs. Pour cela, il engage tous les moyens et personnels spécialisés de son secteur pour du moins essayer de trouver des solutions adéquates de protection et prévention pour ce genre de phénomène qui s’accroit et à qui on y doit des réponses (solution oblige).
Bonne prise en charge du patient
D’autre part, M. Douadi C., médecin et directeur de l’établissement CDS, a indiqué à Le Provincial, que le centre de dépistage, de diagnostic et de soins est doté d’un personnel spécialisé en matière de médecins et spécialistes, en plus d’un équipement complet pour toutes spécialités confondues (radiologie, scanner, dentistes, médecins généralistes, spécialistes, gynécologie).
Il comporte également un laboratoire très sophistiqué traitant toutes sortes d’examens et analyses entre-autres. D’ailleurs, ce dernier a été classé premier centre de diagnostic et soins au niveau national, et ce, grâce à l’entretien, la bonne gestion et l’efficacité du personnel soignant et employé, à leur tête, le docteur Douadi Chaouki, premier responsable de l’établissement. Selon lui, son établissement sera doté incessamment d’un équipement radiologique IRM, des procédures sont en cours, ajouta-il.
Nombreuses questions à ce sujet ont été posées par les participants sur les différents types de drogues, la toxicomanie, leurs effets indésirables, les risques, la consommation de produits prohibés et leur impact dans le milieu du travail.
M.Benkacemi Mohamed, professeur en psychiatrie, a clarifié qu’un salarié sous l’emprise d’une substance prohibée sur son lieu de travail représente un danger potentiel à la fois pour lui-même et pour son environnement. Il peut être sujet à des baisses de vigilance, des modifications de perceptions et de comportements, entraînant, par exemple, une conduite dangereuse, des troubles de l’humeur, des arrêts répétés. Selon le même prof, les addictions en milieu professionnel sont, aujourd’hui, à l’origine des accidents du travail.
Quelques études, encore peu nombreuses, confirment cette hypothèse, cela, suite aux enquêtes menées par un personnel qualifié, ou parfois même par des collègues de son entourage, apprend-on. Sachant que les troubles liés à la toxicomanie consistent en un modèle pathologique de comportements dans lequel les patients continuent à utiliser une substance en dépit de problèmes importants liés à son utilisation. Le diagnostic du trouble de toxicomanie repose sur les critères diagnostiques concernant la structure des comportements.
Traiter le trouble de toxicomanie est difficile et varie selon la substance et les circonstances. Quelques études, encore peu nombreuses, confirment cette hypothèse, dit-il.
Par : Benyahia Abdelmadjid







