L’Algérie passe à une nouvelle étape dans la lutte contre l’économie informelle et le blanchiment d’argent en encadrant strictement les dépôts en espèces dans les comptes commerciaux. Depuis la note publiée fin décembre par la Banque d’Algérie, le versement de cash fait l’objet de nouvelles restrictions destinées à réduire progressivement l’usage de l’argent liquide dans les transactions commerciales, un mode de paiement encore dominant dans le pays. Une première interprétation par certaines banques avait laissé croire à une interdiction immédiate et totale, suscitant de vives inquiétudes chez les opérateurs économiques, notamment les distributeurs qui alimentent quotidiennement leurs comptes avec l’argent recueilli auprès des détaillants.
Période transitoire et abandon progressif du cash
Face aux appréhensions exprimées, la Banque d’Algérie a convoqué les responsables des banques commerciales pour clarifier la portée de sa note et préciser les règles d’application. Il a été rappelé que les banques peuvent continuer à accepter les dépôts en espèces durant une période de transition d’un mois, à compter du 1er janvier 2026.
Cette phase doit permettre aux commerçants de s’adapter, tout en amorçant une réduction progressive du liquide versé. Les dépôts effectués sur les comptes doivent suivre une courbe descendante continue, montrant que les opérateurs se dirigent vers les moyens de paiement scripturaux tels que les chèques ou les virements. La Banque d’Algérie a insisté sur la nécessité de sensibiliser les clients et d’éviter toute interprétation abusive de la note, notamment envers les clients ayant un historique bancaire clair.
–Obligations renforcées pour les banques et suivi strict des dépôts– La réunion du 30 décembre a permis d’établir des modalités plus précises : les dépôts en espèces seront totalement interdits à partir du 1er février 2026, excepté dans des cas exceptionnels liés à l’activité du client et dûment justifiés. Les dépôts effectués durant le mois de transition doivent correspondre aux recettes réelles des commerçants, accompagnés de justificatifs lorsqu’il s’agit d’entreprises.
La Banque d’Algérie rappelle par ailleurs que ces mesures s’inscrivent dans une politique de vigilance fondée sur les risques, notamment en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, sans pour autant pénaliser les clients présentant un faible risque et nécessitant un suivi adapté.
Changement structurel du paysage commercial et bancaire
À l’heure où l’Algérie compte moins de 80 000 TPE pour plus de deux millions de commerçants, cette transition marque une étape importante dans la modernisation du système bancaire. Le régulateur veut accélérer l’adoption des paiements scripturaux, tout en évitant que la nouvelle réglementation ne perturbe les opérations commerciales quotidiennes. En accordant un délai serré mais nécessaire, la Banque d’Algérie place désormais les opérateurs devant l’obligation de modifier rapidement leurs pratiques.
Dès le 1er février 2026, les dépôts en espèces ne seront plus admis, sauf situations exceptionnelles, instaurant ainsi un tournant majeur dans la gestion des comptes commerciaux et dans le fonctionnement global de l’activité économique en Algérie.
Par : S.A.B.












