Une commission parlementaire s’est penchée sur les failles de la filière viande rouge. Entre le recul des pâturages, la sécheresse, la contrebande de cheptel et d’une manière générale la fragilité des éleveurs, le secteur semble miné par des problèmes qui font le marché de la viande n’arrive plus à se stabiliser. C’est ce que met en lumière un rapport de 285 pages élaboré par la mission d’information temporaire de l’Assemblée populaire nationale (APN) consacrée à l’étude de la filière des viandes rouges et de l’élevage, dont des extraits ont été publiés par le quotidien arabophone «Echourouk».
Le document, remis le 7 mai dernier au président de l’APN, Brahim Boughali, doit être transmis, par la suite, au président de la République.
Le rapport de l’enquête de terrain, menée entre février et avril dans neuf wilayas du pays, réputées pour l’élevage, parmi les plus importantes zones d’élevage du pays, dresse un véritable diagnostic des dysfonctionnements qui fragilisent un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire nationale.
Selon le président de la mission, le député Rabah Djeddou, du mouvement Bina, les parlementaires ont tenté d’identifier les principaux facteurs affectant l’élevage et la production de viande rouge en Algérie.
Ainsi, entre autres problématiques soulevées le recul «inquiétant» des pâturages naturels. Une situation due à la sécheresse qui a frappé nombre de régions, notamment dans les régions steppiques et rurales, des années durant. Ceci en plus de la contrebande transfrontalière du cheptel vers certains pays voisins.
Il y a également le cas de nombreux éleveurs qui ont fini par abandonner leur activité, à certains égards conséquence des deux facteurs précédents, incapables de supporter la hausse des charges et le coût élevé de reconstitution des troupeaux. «Certaines races ovines, notamment les brebis destinées à la reproduction, sont devenues financièrement inaccessibles pour une partie des professionnels du secteur», souligne le député.
Autre problématique évoquée dans ce rapport, la mortalité élevée des nouveaux-nés dans certaines wilayas où le taux de mortalité aurait atteint jusqu’à 50 % dans quelques zones, ainsi que «la faiblesse du rendement génétique de races locales réputées, à l’image de celle nommée –Ouled Djellal–, considérée comme l’une des principales sources nationales de production de viande».
A cet effet, la mission parlementaire a formulé 17 recommandations, préconisant notamment «une approche multisectorielle associant agriculture, industrie et autres secteurs concernés afin de repenser la gouvernance de la filière». Outre les propositions «techniques» relatives à la promotion de l’investissement de la filière et l’implication des universités et autres écoles spécialisés dans l’agriculture et l’élevage, le rapport insiste sur «la généralisation de la numérisation pour assurer le suivi du cheptel, organiser le marché des aliments pour bétail et améliorer les mécanismes de contrôle et de gestion».
La mission parlementaire préconise aussi d’assurer «une meilleure prise en charge sociale et professionnelle des éleveurs».
Cette mission est intervenue dans un contexte où le pays a eu recours à l’importation de moutons en prévision de l’Aïd El Adha.
Par : Elyas Abdelbaki












