Le Parti des travailleurs (PT), conduit par sa secrétaire générale Louisa Hanoune, a réaffirmé à Boumerdès une position particulièrement tranchée concernant la présence économique des Émirats arabes unis en Algérie. Lors d’un meeting tenu jeudi, la responsable politique a dénoncé avec vigueur ce qu’elle considère comme une menace directe contre la souveraineté nationale, estimant que les activités des entreprises de ce pays constituent une couverture pour « des manigances dangereuses » et un « couvert à des actions et des plans subversifs ».
Elle a insisté sur l’urgence de stopper les investissements émiratis, en plaidant pour l’expropriation de l’ensemble de leurs activités et de leurs biens dans le pays, jugeant que la protection de la décision nationale doit désormais primer sur toute autre considération.
Dans son intervention, Louisa Hanoune s’est félicitée de la décision de la présidence de la République de rompre l’accord conclu dans le domaine du transport aérien avec la partie émiratie, une mesure qu’elle a qualifiée de « juste » et qu’elle inscrit dans une démarche de préservation des intérêts nationaux.
Pour le PT, cette orientation doit être élargie à d’autres secteurs stratégiques, notamment la gestion des ports d’Alger, de Djen Djen et d’Annaba, ainsi qu’à diverses activités industrielles. Selon elle, la phase actuelle du capitalisme, marquée par un stade de « sauvagerie », impose de renforcer le front interne, de consolider l’économie nationale et de blinder la résilience du pays face à ce qu’elle perçoit comme des « politiques agressives menées par procuration ».
« Un contexte international marqué par des rivalités et des convoitises »
Poursuivant son analyse, la cheffe du PT a affirmé que les actions économiques et politiques menées par les Émirats en Algérie relèvent, à ses yeux, d’une stratégie d’influence plus large visant à servir les intérêts des États-Unis et d’Israël. Elle a évoqué des implications émiraties au Yémen, dans le Sahel et même au centre de l’Afrique, tout en rappelant que le continent fait l’objet d’une compétition internationale croissante pour ses richesses.
Elle a cité les crises au Soudan, en Libye et dans la zone sahélienne comme autant d’exemples de cette lutte pour le contrôle des ressources. Dans le même sillage, elle a souligné que les richesses du Sahara occidental attirent des convoitises internationales, mentionnant l’intérêt accordé par Donald Trump et accusant le Maroc de lui proposer, de manière illégale, l’exploitation de ressources « qui appartiennent au peuple sahraoui ».
Louisa Hanoune a également dénoncé l’impérialisme américain, exprimé son soutien au Venezuela et à Cuba, et salué « le courage » de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum. Elle a réitéré, comme à l’accoutumée, le soutien « inconditionnel » du PT à la cause palestinienne, qualifiant ce qui se déroule à Gaza de « guerre d’extermination ayant mis à nu le système capitaliste mondial ».
« La consolidation ne se fait pas par des slogans»
Abordant la situation interne, la secrétaire générale du PT a indiqué que la participation de son parti aux prochaines élections « n’est pas tactique mais existentielle », dans un contexte global qu’elle décrit comme une crise profonde du système capitaliste, « arrivé à un degré aigu de prédation ». Elle a réaffirmé que le PT, « en tant que parti légaliste », entend porter les
revendications des travailleurs, des catégories sociales défavorisées et de l’ensemble des citoyens, tout en contribuant au renforcement de l’immunité nationale.
Elle a insisté sur la nécessité d’ouvrir de véritables canaux de communication entre les citoyens et les autorités, de lever les restrictions pesant sur les libertés démocratiques et d’adopter des mesures d’apaisement, notamment une amnistie pour les détenus politiques, afin de créer un climat propice au débat électoral. Elle a rappelé que son parti participe aux discussions sur la révision constitutionnelle de 2026, espérant contribuer à l’émergence d’un large consensus, malgré certaines divergences persistantes. Concernant le projet de loi sur les partis politiques, elle a reconnu « des améliorations dans la seconde version après participation aux consultations », tout en regrettant l’absence d’un débat élargi lors de sa présentation devant l’Assemblée populaire nationale, estimant que plusieurs contradictions et restrictions demeurent à corriger.
Par : S.A.B.











