Le groupe allemand BMW prépare son retour sur le marché automobile algérien et étudie, parallèlement à la reprise de ses activités commerciales, la possibilité d’y implanter une unité de production. Selon Africa Intelligence, le constructeur envisagerait ainsi d’aller au-delà de la simple distribution, même si aucune décision définitive d’investissement n’a encore été annoncée.
Le projet industriel reste pour l’heure au stade de l’étude. Aucun site, partenaire algérien, montant d’investissement, capacité de production ou modèle destiné à être assemblé localement n’a été officiellement dévoilé. La reprise des ventes doit donc être distinguée du projet d’usine, qui reste soumis à plusieurs étapes réglementaires et industrielles.
Cette perspective intervient alors que le marché automobile algérien connaît une nouvelle dynamique, marquée par le retour de plusieurs constructeurs et la progression de la production locale. Pour BMW, une éventuelle implantation représenterait le passage d’un modèle fondé sur l’importation à une présence reposant également sur l’investissement et la production locale.
Un cadre industriel plus exigeant
Tout projet de fabrication devra répondre au nouveau cadre réglementaire algérien. Le décret exécutif 22-384, promulgué en novembre 2022 et modifié en mai 2024, prévoit notamment un taux d’intégration locale de 10 % à la fin de la deuxième année, 20 % à la troisième et 30 % à la cinquième année.
Le dispositif prévoit aussi l’intégration d’opérations telles que l’emboutissage, la soudure et la peinture, directement ou par l’intermédiaire de sous-traitants locaux, ainsi que la fabrication des carrosseries. Il impose également l’introduction d’un modèle entièrement électrique à partir de la cinquième année.
La réalisation du projet nécessite d’abord une autorisation préalable, puis un agrément définitif après vérification des infrastructures et équipements. BMW devra donc, le cas échéant, désigner un représentant agréé et préciser les contours de son éventuelle implantation.
Une expérience déjà acquise en Afrique
BMW dispose déjà d’une expérience de production sur le continent africain, notamment en Égypte, à travers son réseau de partenaires. Le groupe a livré environ 2,464 millions de véhicules en 2025, soit une hausse de 0,5 %. Les modèles électriques et hybrides ont représenté environ 26 % de ses ventes mondiales, dont 18 % pour les véhicules entièrement électriques.
Le retour commercial de BMW constitue une première étape, tandis que l’éventuelle implantation d’une usine reste à confirmer. Les prochaines décisions devront notamment porter sur le site, le partenaire local, les modèles concernés, l’investissement et le calendrier de réalisation.
Par : S.A.B.











