M.Zebdirapporte que les services du ministère ont commencé à adresser des mises en demeure formelles aux commerçants. Celles-ci exigent l’installation immédiate de TPE.
Le ministère du Commerce presse les commerçants et autres opérateurs économiques d’adopter les terminaux de paiement électronique (TPE) comme moyens de règlement au lieu et place du cash. Ces opérateurs disposent désormais d’un ultimatum de huit jours pour généraliser l’usage des TPE, selon Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE).
Dans un post publié samedi soir sur sa page Facebook, M. Zebdi rapporte que les services du ministère ont commencé à adresser des mises en demeure formelles aux commerçants. Celles-ci exigent l’installation immédiate de TPE, une mesure qui s’inscrit dans le cadre de l’application rigoureuse de l’article 111 de la loi de finances 2018 (loi n° 17-11 du 27 décembre 2017). Le texte de la mise en demeure précise que les commerçants sont tenus de se rapprocher immédiatement de leurs agences bancaires pour obtenir un terminal de paiement.
Cependant, le délai de la mise en pratique effective de cette mesure pourrait être prolongé. Les pouvoirs publics, conscients des délais administratifs potentiels, prévoient ainsi une alternative aux opérateurs économiques. En effet, ces derniers qui risquent de se retrouver dans l’impossibilité d’obtenir l’équipement dans le temps imparti, devraient cependant impérativement présenter un récépissé de dépôt de dossier, dûment visé par l’organisme financier concerné.
Le président de l’APOCE souligne que la tutelle se montre particulièrement ferme, avertissant que tout contrevenant s’expose, passé ce délai, à des amendes financières conséquentes et à des sanctions administratives. Cette accélération du calendrier vise à absorber les quantités énormes de cash en circulation dans le marché informelle.
Une transition monétaire à « marche forcée »
Une transition monétaire jugée « brutale » et « à marche forcée », selon des observateurs du marché monétaire national. En restreignant les flux de liquidités et en imposant le paiement électronique, l’État s’attaque au cœur de l’économie informelle. Toutefois, la ruée actuelle sur les terminaux de paiement électronique (TPE) met à nu les limites du parc monétique national, note le site Algérie 360.
Et ce, avec moins de 80 000 appareils pour un gisement de plus de deux millions de commerçants, le déficit est vertigineux. Face au risque de pénurie d’équipements physiques, l’alternative du paiement mobile par QR Code apparaît comme une solution de secours stratégique, plus souple et moins coûteuse, pour tenir les délais réglementaires. Cet ultimatum imposé aux opérateurs économiques intervient, faut-il le préciser,
quelques jours après la note émise par la Banque d’Algérie (BA) portant sur de nouvelles orientations relatives aux dépôts en espèces dans les banques et établissements financiers.
Dans sa note (N°2/DGIG/2025), la BA rappelle que, conformément aux prescriptions législatives et réglementaires en vigueur, « les mesures de vigilance à l’égard de la clientèle doivent être observés selon l’approche basée sur les risques ». Cela implique, indique la BA, la mise en œuvre de « diligences renforcées concernant les clients et les opérations présentant des risque plus élevés ».
Dans le jargon des banquiers, ces mesures ciblent essentiellement les détenteurs de grosses sommes en espèces et évoluant pour la plupart dans la sphère informelle qui serait tenter d’intégrer le système financier national par des méthodes détournés.
Par :Akram Ouadah








