Soufiane Djilali a annoncé, hier, son départ de la présidence de Jil Jadid, après avoir passé 14 années à sa tête.
C’est dans un long communiqué, et après avoir fait le constat de la situation politique nationale que celui-ci a affirmé qu’il était arrivé le temps pour lui de « consacrer plus de temps au combat d’idée » et de « favoriser l’émergence d’une nouvelle direction ».
« Si j’ai eu le grand honneur de contribuer à la fondation puis à la conduite de Jil Jadid, l’heure est toutefois arrivée pour moi, dans cette phase de mon engagement de consacrer plus d’énergie au combat d’idées tout en favorisant l’émergence d’une nouvelle direction du parti », a-t-il déclaré à ce propos.
Soufiane Djilali annonce donc l’organisation, « dès que les conditions technico-administratives le permettent », d’un congrès extraordinaire pour désigner la future direction.
« A cet effet et en conformité avec nos statuts, je convoque un congrès extraordinaire qui devra, en toute liberté, désigner le prochain Président de Jil Jadid et ce dès que les conditions technico-administratives seront réunies », a-t-il ajouté, soulignant que « la nouvelle équipe dirigeante s’attellera à prendre en charge le développement du parti et la poursuite de son combat ».
« Quant à moi, si je quitte la présidence du parti, je ne quitte pas le combat », a affirmé Soufiane Djilali.
Dans cette déclaration, celui-ci est revenu sur les débuts de la création du parti et les défis auxquels il a fait face ainsi que sur la situation actuelle.
Le pari d’un Parti
Soulignant que Jil Jadid, né, comme il l’a rappelé, le 11 mars 2011, « devait refléter notre profond désir de renouveler la pratique politique dans notre pays en la fondant sur des principes et des valeurs qui permettraient la construction d’une Nation authentique, responsable, juste et inventive », Soufiane Djilali a affirmé que le système de gouvernance « n’a malheureusement pas accepté » de voir les partis politiques « actifs et encore moins autonomes ».
« Dans la phase actuelle, il les veut simple caution et vise à restreindre de plus en plus le champ des libertés politiques tout en promouvant des appareils soumis pour faire valoir un multipartisme factice », a-t-il indiqué, avant d’ajouter : « Lancé dans sa propre logique, le système de gouvernance actuel a clôturé le champ de l’opposition politique, comme il a perverti la société civile, les syndicats et les médias ».
« Petit à petit, toutes les institutions ont été monopolisées et instrumentalisées par un exécutif hégémonique et maintenant s’octroyant des pouvoirs sans limites, au-dessus même des règles constitutionnelles », a estimé Soufiane Djilali.
Affirmant que « l’Algérie sera bientôt confrontée à plusieurs défis à la fois : géopolitique, sécuritaire, diplomatique, économique et sociétal », celui-ci a souligné que « pour y faire face, il lui est urgent de rétablir la confiance entre les dirigeants eux-mêmes d’une part et entre le pouvoir constitué et le peuple d’autre part ».
« Le pouvoir doit apaiser ses tensions internes, mettre un terme aux règlements de compte, libérer les trop nombreux prisonniers injustement incarcérés, opérer une réelle ouverture politique et construire enfin une véritable économie productive », a préconisé en dernier lieu Soufiane Djilali.
Par : Elyas Abdelbaki









