Le transport privé de voyageurs traverse une zone de turbulences inédites. Hier mardi, la grève nationale déclenchée samedi dernier s’est poursuivie pour la quatrième journée consécutive, confirmant l’installation d’un conflit profond entre les opérateurs privés et les autorités. Massivement suivie dans l’ensemble des wilayas, cette mobilisation illustre une rupture désormais assumée entre les professionnels du secteur et le gouvernement.
Dès les premières heures de la matinée d’hier, une paralysie presque totale du transport privé s’est imposée. Les bus demeurent immobilisés dans les garages et dépôts, laissant terminaux urbains et gares routières quasiment vides. Seuls les véhicules des entreprises publiques continuent d’assurer des dessertes limitées. À l’exception de quelques transporteurs ayant choisi de reprendre l’activité, la grande majorité des exploitants maintient le débrayage, affichant une unité d’action rarement observée.
Les revendications au cœur du blocage
Au centre de cette mobilisation, les transporteurs exigent des réponses concrètes à leurs revendications, qu’ils jugent non négociables. Leur première requête concerne le retrait du projet d’amendement du Code de la route, considéré comme une menace directe pour la profession. Les opérateurs dénoncent un durcissement des sanctions qu’ils estiment disproportionné face aux réalités du terrain et aux conditions de circulation qu’ils affrontent quotidiennement.
La dimension économique occupe également une place centrale. Les transporteurs jugent indispensables la révision et la revalorisation des tarifs en vigueur, qu’ils considèrent en total décalage avec les coûts de 2026. Entre inflation, charges d’exploitation en hausse et rentabilité en chute libre, ils affirment que leur activité n’est plus viable dans les conditions actuelles.
Un secteur fragilisé par les coûts et la pénurie de pièces
La disponibilité des pièces détachées représente le troisième pilier de cette colère. Les professionnels font état d’une flambée des prix, mais aussi d’une rareté accrue des composants certifiés. Pneumatiques, huiles moteur ou pièces de maintenance : les coûts explosent et rendent difficile la mise en conformité et la sécurisation des parcs roulants sans une intervention rapide de l’État pour encadrer le marché.
En dépit de l’ampleur du blocage, aucune réunion officielle n’a permis d’apporter un début de solution jusqu’à hier mardi. Les transporteurs privés maintiennent la pression et préviennent que la grève pourrait se prolonger ou s’intensifier en l’absence de mesures concrètes. Le bras de fer avec le ministère de tutelle semble désormais total et aucune issue ne se dessine à court terme.
Sans un geste fort sur les questions du Code de la route et de la tarification, le risque d’un arrêt durable du secteur demeure plus présent que jamais.
Par : S.A.B.







