Par : Amar Ait Bara
Les services de la subdivision forestière de Séraïdi qui ont la charge de préserver et surveiller cette forêt dénoncent la situation relative à l’élimination de la chaine de liège achevée par les massacreurs de la nature. Les Gardes-forestiers sont en principe les premiers protecteurs de la nature, malheureusement ils ont eux-mêmes érigé des constructions illicites en pleine forêt de Séraïdi. Ces derniers sont souvent des complices passifs par leur silence et surtout leur laisser-faire. Ils ne pouvaient interdire les constructions illicites puisqu’eux-mêmes preneurs de ces pratiques. Les associations de protection des forêts veulent faire cesser ce massacre en s’opposant au moins aux nouvelles constructions illicites, à défaut de dissuader les squatteurs. Le décor est désolant puisque les bâtisses sont dressées à la place des arbres abattus et le béton remplace les chênes liège qui sont abattus sans aucun contrôle des services forestiers dont le rôle premier est la préservation des arbres, des espaces verts et des forêts. Il a été enregistré 1.800 constructions bâties en dur, sans compter les 90 mises en demeure adressées et 10 plaintes déposées au niveau de la justice contre ces constructeurs illégaux, dans une zone touristique par excellence. L’abattage des arbres va à une telle allure qu’il est facile de voir la mer à partir de la forêt. Aucun arbre ou arbuste n’est épargné et le massacre est d’une telle ampleur que cette atteinte contre l’environnement fait mal au cœur. D’autres sites ont connu les mêmes agressions environnementales dont l’Edough, Ain Barbar, Dar Esmair…etc. La Conservation des forêts observe un silence et une indifférence complices dans la mesure où aucune intervention n’a été enregistrée pour stopper le massacre et remettre de l’ordre. Pourtant, le garde forestier est tenu par la «loi des 3 i » pour protéger l’environnement et surtout les forêts et aucune tolérance n’est admise en matière de dépassement. Ainsi la forêt s’urbanise et les bâtisseurs de l’informel ont saisi cette opportunité devant l’absence des pouvoirs publics, malgré les décisions de démolition qui trainent sur les bureaux. Aussi, les associations pour la défense de la nature et de la protection de l’environnement tirent la sonnette d’alarme pour faire cesser ce massacre, alors qu’aucune décision n’a été prise ou appliquée. Il faudrait maintenant interdire aux constructeurs illégaux d’invertir encore d’autres lieux et endroits plus au moins protégés pour éviter à ces constructeurs illicites d’être soumis à la loi 15/08.









