Le Ramadhan 2026 aura été un bon cru pour les séries télévisées. Mais au-delà des intrigues et des audiences, certaines productions ont suscité un véritable engouement pour l’esthétique qu’elles mettent en scène. Depuis longtemps déjà, la pop culture influence la mode et les imaginaires. Les séries n’échappent pas à ce phénomène, et certaines deviennent de véritables vitrines culturelles. Cette année, Fatma s’est imposée comme l’une d’entre elles.
Réalisée par Djaffar Gacem à partir d’un texte de Mira Gacem Babaci, la série plonge les téléspectateurs dans la Casbah d’Alger au milieu du XIXe siècle, à l’aube de la conquête française. L’œuvre séduit par la puissance de sa mise en scène et par l’atmosphère qu’elle déploie. Les ruelles de la Casbah, les patios baignés de lumière et les maisons traditionnelles recréent l’image d’une Alger vibrante, à un moment charnière de son histoire.
Une fresque visuelle au service du patrimoine
Les décors participent pleinement à cette immersion. L’architecture arabo-andalouse, avec ses arcs, ses vitraux colorés et ses zelliges, restitue une ville raffinée et élégante. Chaque espace semble raconter un fragment de la vie algéroise, révélant une manière d’habiter et un art de vivre profondément ancrés dans l’histoire de la ville.
Ce souci du détail se reflète également dans les décors et les costumes, qui constituent l’un des piliers de l’identité visuelle de la série. Les tenues traditionnelles, richement brodées, témoignent de l’élégance et du raffinement de l’Algéroise du XIXᵉ siècle.
À l’écran, chaque pièce est mise en valeur avec précision, participant à la crédibilité historique tout en sublimant l’esthétique. Le kaarakou, la ghlila, le khit erroh ou encore le badroun apparaissent dans toute leur splendeur. Les broderies délicates, les étoffes choisies et les coupes structurées mettent en lumière un savoir-faire ancestral qui continue de vivre aujourd’hui.
Les costumes ne sont pas seulement des éléments de décor : ils deviennent des marqueurs d’identité et des sources d’inspiration. En donnant une visibilité renouvelée à ces tenues, la série influence les regards, ravive l’intérêt pour le patrimoine vestimentaire et participe à une relecture contemporaine du costume algérois. Les téléspectateurs commentent, partagent, admirent, et cette exposition médiatique contribue à inscrire ces silhouettes dans l’imaginaire collectif bien au-delà de l’écran.
Des savoir-faire mis en lumière
Dans cette dynamique, les bijoux jouent également un rôle central. Parmi eux figure le collier nœud d’amour algérien, un bijou traditionnel chargé de symboles. Ce pendentif évoque l’amour éternel, la fidélité et l’engagement. Sa forme complexe, souvent composée de trois fils entrelacés, trouve ses origines dans le matelotage algérien du XVIIIᵉ siècle, où il représentait une promesse de retour. Popularisé auprès du grand public par le film Casino Royale, il connaît aujourd’hui un regain d’attention.
Pour la série Fatma, la marque de création de bijoux Alexandrite a revisité ce symbole emblématique, en recherchant une pièce capable de s’intégrer naturellement dans l’esthétique du feuilleton tout en évoquant l’élégance intemporelle de la femme algérienne. Cette démarche illustre concrètement la capacité de la fiction à dialoguer avec les créateurs et à nourrir de nouvelles interprétations du patrimoine.
Au fil des épisodes, Fatma révèle ainsi un univers où l’image devient un vecteur d’influence. En sublimant les costumes, les décors et les accessoires, la série dépasse le simple récit historique pour façonner des références visuelles, inspirer les créateurs et susciter un nouvel intérêt pour l’élégance algéroise.
À travers la précision des étoffes, la beauté des maisons et la finesse des bijoux, elle rappelle que le raffinement algérien n’est pas seulement un héritage à contempler, mais une esthétique vivante, capable d’inspirer la culture contemporaine et de traverser les écrans pour rejoindre le quotidien.
Par : Aly D












