Le Festival du film méditerranéen d’Annaba a dévoilé, hier, l’affiche officielle de sa cinquième édition, prévue du 24 au 30 septembre 2025. Cette création visuelle puise son inspiration dans le chef-d’œuvre « Chronique des années de braise » du cinéaste algérien Mohamed Lakhdar-Hamina, disparu en 2024. L’œuvre, qui demeure une référence incontournable du septième art algérien et méditerranéen, a marqué des générations de cinéphiles et continue d’irriguer l’imaginaire collectif.
Selon le commissaire du festival, Mohamed Allal, l’affiche se veut « un symbole fort et évocateur », célébrant à la fois l’art cinématographique, la richesse du patrimoine méditerranéen et l’identité culturelle d’Annaba. « Elle conjugue rêve, hommage et ambition, à travers des icônes marquantes et une vision artistique raffinée ». L’édition 2025 souhaite ainsi donner une visibilité accrue aux artistes émergents, tout en réaffirmant son attachement à l’histoire et aux grands noms du cinéma régional.
De bleu et de lumière
L’affiche se distingue par une forme centrale lumineuse évoquant à la fois un objectif de caméra, un phare et un point de convergence. Sur un fond dominé par des teintes de bleu et d’or, elle illustre l’idée d’éclat artistique et de dialogue entre les deux rives. Le bleu rappelle la mer, lien naturel entre les cultures, tandis que la lumière dorée suggère la chaleur du partage et de la création. Ce jeu de contrastes visuels traduit la volonté du festival d’affirmer son rôle de passerelle culturelle et de promouvoir Annaba comme un carrefour d’échanges artistiques et intellectuels.
La symbolique de l’affiche fait directement écho aux propos tenus par l’ambassadeur d’Espagne en Algérie, Fernando Morán Calvo-Sotelo. Celui-ci a résumé la proximité méditerranéenne par une image poétique : « La distance entre nos côtes est si minime qu’un objectif de caméra pourrait capturer les deux rivages à la fois ». Une formule qui trouve une résonance évidente dans le visuel choisi, où la lumière centrale incarne cette ligne de rencontre entre cultures, mémoires et imaginaires.
Cap sur l’avenir
Au-delà de la dimension poétique, l’affiche reflète aussi la volonté du festival de se tourner vers l’avenir. L’éclat progressif qui se dégage du centre vers l’extérieur peut être lu comme une ouverture vers de nouvelles formes de création, notamment avec l’introduction du prix dédié aux œuvres réalisées à l’aide de l’intelligence artificielle, une première en Algérie. Ce choix témoigne de l’ambition du festival de conjuguer tradition méditerranéenne et innovations artistiques. Une ambition qui s’inscrit dans la dynamique actuelle du cinéma mondial, où les outils numériques et technologiques redéfinissent sans cesse les frontières de la création.
Une dimension mémorielle
En choisissant d’inscrire sur son visuel un extrait du film couronné par la Palme d’or à Cannes en 1975, le festival entend rendre hommage à l’un des pionniers du cinéma algérien. Ce geste confère à l’édition 2025 une dimension mémorielle et affirme la volonté de faire de l’affiche non seulement un support de communication, mais aussi un manifeste artistique et patrimonial. Cette orientation s’inscrit dans un projet plus large, celui de construire une identité visuelle durable pour le festival, afin que chaque édition laisse une empreinte forte dans la mémoire culturelle de la région et bien au-delà. Une affiche que l’on aime déjà pour sa force évocatrice et …son élégance symbolique.
Par : Aly. D









