De nombreux habitants sont unanimes pour dire que la restauration du couvert végétal dans et autour de la ville d’Annaba est plus qu’indispensable, à court terme, pour atténuer les effets du réchauffement climatique auquel la région est de plus en plus confrontée. Populations, société civile et défenseurs de la nature, insistent sur la nécessité de reboiser à outrance les collines, les zones urbaines et les quelques espaces forestiers subsistant à la périphérie.
En effet, pour les Annabis, notamment les anciennes familles, la vague de chaleur qui y sévit avec fort taux d’humidité, s’expliquent surtout par la dégradation accélérée de la nature en milieu urbain. Ceci, suite à l’urbanisation effrénée et désordonnée de l’agglomération ayant entrainé progressivement une disparition presque totale de la ceinture verte et des orangeraies qui entouraient la ville, déplorent-ils.
«Cependant, cette expansion urbanistique d’envergure n’a pas été accompagnée d’une plantation systématique d’espèces d’arbres potentiellement adaptées au climat méditerranéen qui caractérise la région», nous dira un connaisseur. Et d’ajouter: «On a plutôt privilégié des arbres d’ornement en ville qui ne peuvent procurer ni des zones d’ombre, ni avoir un impact positif sur le réchauffement climatique, particulièrement lors des aménagements effectués lors du CHAN en plantant une espèce d’arbres qui n’a jamais poussé. Or, un reboisement massif, planifié et bien organisé, est plus indispensable que jamais». «L’opération, dit-il, doit se faire de manière durable par les élus locaux en étroite collaboration avec les services des Forêts, en impliquant directement et concrètement l’ensemble des citoyens.»
Cela est de nature, non seulement, à restaurer le couvert végétal, mais aussi à créer un climat tempéré baignant dans une végétation dense et diversifié. Le défi peut être relevé si tout le monde (pouvoirs publics, élus locaux, mouvement associatif et société civile), se mobilise de plus en plus pour la réalisation d’un tel projet environnemental stratégique.
Il faudrait rappeler qu’en 2023, selon les chiffres officiels, la wilaya d’Annaba a enregistré pas moins de 28 feux de forêt, dont 19 ont été maîtrisés dans les temps, résultant en la destruction de pas moins de 96,32 hectares. Un endroit qui est considéré comme le poumon de la région est bien la chaîne montagneuse de l’Edough qui subit l’avancée du béton, la déforestation et l’occupation illégale des terres qui représentent une réelle menace pour sa biodiversité.
Par : A.Ighil












