Entretien avec l’artiste Ahmed Rezzeg : Le dictat des réseaux sociaux au cœur de la pièce «  El Tafihoune » 

Par : Fatima Zohra Bouledroua

Le scénographe, metteur en scène et dramaturge Ahmed Rezzeg est à Annaba depuis quelques jours en répétition avec ses comédiens et techniciens au théâtre régional Azzedine Medjoubi pour préparer la générale de la nouvelle pièce théâtrale dont il est metteur en scène et auteur «  les abrutis , égarés» qui aura lieu Samedi 19 Novembre à 16h00 au théâtre. Dans cet entretien pour Le provincial, Ahmed Rézzeg revient sur le thème de la dite pièce théâtrale et sur son parcours personnel pleins de succès.

Vous êtes à Annaba pour finaliser les répétitions de la pièce théâtrale « El Tafihoune – El Taiihoune» « les abrutis – les égarés), une nouvelle pièce théâtrale dont vous êtes auteur et metteur en scène. Nous savons d’emblée que cette création connaitra un grand succès à l’instar de Pousticha, Khatini, Tourchaka…etc. Quelle est la particularité de « El Tafihoune – El Taiihoune» ?

Dans cette nouvelle pièce théâtrale intitulée « les égarés » que vous pouvez lire également « les abrutis », nous abordons une histoire simple, ordinaire pleine d’humanisme. On évoque l’être humain, ses désirs, ses préoccupations, et c’est ça le secret. C’est ce que le public aime. Le texte dénonce la médiocrité dont les gens font preuve à travers l’utilisation abusive des réseaux sociaux qui se manifestent par des comportements virtuels ayant un impact direct sur la vie des personnes. Une vie virtuelle devient le réelle avec de lourdes conséquences sur le quotidien des uns et des autres.

Que raconte la pièce et quels sont ses personnages clés ?

C’est le retour au village d’un pompier porté disparu, devenu héro après sa mort tragique dans les feux de forêts. Ce dernier revient après que tous ses proches aient pu passer le deuil et entamer le processus de reconstruction. Ses amis, chef pompier, le maire du village, sa femme qui se remarie sont tous dans l’embarras et n’acceptent pas ce retour. Le réseau social Facebook est un élément principal de la pièce, c’est le support à travers lequel la mort du pompier a été annoncée. Ayant fait le buzz, le pompier cherche à se frayer une place au sein de la communauté des facebookeurs pour lui accorder la légitimité d’exister réellement. C’est le dictat des réseaux sociaux que je dénonce, son utilisation excessive et abusive qui égare et abruti les gens au point de provoquer des drames. La vie réelle cède la place au virtuel devenu au final notre réalité.

Quels ont été vos critères de choix des comédiens pour cette pièce théâtrale ?

Le succès d’une représentation théâtrale est tributaire du rendement de ses comédiennes et comédiens. S’ils sont heureux sur scène ils transmettent cette joie au public.

Pour cela, J’ai choisi quelques artistes annabis de renommée nationale tel que Raja houari et Bachir Slatnia… , car c’est une ville pleine de talents. J’ai voulu donner la chance aux jeunes pour montrer leurs capacités telles que Kouki la fille de notre défunt Toufik Mimiche et Zineb qui est une élève de Bachir Slatnia. D’autres artistes viennent des villes de l’Est algérien tel que Batna, Oum el Bouagui, Constantine.

La pièce théâtrale POUSTICHA a été un grand succès, vous avez classé ce style de création sous la catégorie du théâtre expérimental, pouvez-vous nous en expliquer le principe et quel place devrait occuper le bénévolat dans le théâtre d’une manière générale ?

Pousticha est une rencontre entre comédiens devenue une équipe le temps de créer un spectacle pour s’amuser, pour le plaisir, donnant au final une seule représentation dont les recettes ont été offertes aux enfants cancéreux. Nous n’avons eu ni contrat moral ni officiel avec aucun institution culturelle. Nous avons demandé la salle du TNA uniquement, c’est un apport de l’ONCI pas une production. Nous allons faire POUSTICHA 2 à Tamanrasset, en plein air. Ça sera un grand camping, ou nous allons monter un spectacle pour le jouer sur place et renter. Il n’y a pas de bénévolat dans cette histoire. Les artistes ne le font pas pour un théâtre qui va commercialiser la production. D’ailleurs, la notion de bénévolat ne devrait pas exister dans le théâtre professionnel, même un figurant doit être rémunéré.

Il est vrai que nous constatons hélas des dépassements lorsque la pièce théâtrale entre dans le cadre des activités de certaines associations, c’est une pratique qui ne devrait pas exister si ladite association a un budget pour la pièce théâtrale en question. Cependant, pour le théâtre amateur, la notion de bénévolat existe.

Ça vous fait quoi d’être à Annaba ? Et quels sont vos projets ?

C’est toujours un grand plaisir d’être dans ce beau théâtre qui me rappelle mes débuts avec feu Mimiche, Kabouche, kerbouze, j’ai aussi monté pas mal de spectacles ici, le dernier en date monté ici à Annaba est « Tempête dans une tasse ». Après plusieurs années, monsieur Mehdi Rizi, le directeur actuel du théâtre régional Azzedine Medjoubi, a fait appel à moi pour ce spectacle. Je suis heureux de travailler avec lui.

En ce qui concerne mes projets, nous allons chercher des sponsors pour POUSTICHA 2 pour donner une belle image de notre sud Algérien, puis, je prépare un spectacle pour enfants grandiose. Ça demande 200 comédiens sur scène, décors, musique, pour le premier juin. Un grand show pour l’enfant qui mérite toute notre attention. J’y consacrerai tous mes talents pour réussir ce projet et faire profiter les enfants algériens d’un vrai bon et grand spectacle.

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