Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé samedi soir, à Johannesburg, lors du sommet du G20 en Afrique du Sud, sa volonté de relancer un dialogue constructif avec l’Algérie, se déclarant prêt à engager un échange direct avec le président Abdelmadjid Tebboune. Cette disponibilité intervient à un moment où Paris cherche à réactiver un canal politique resté inactif pendant de longs mois, sur fond de tensions persistantes et de dossiers sensibles toujours en suspens.
S’exprimant devant la presse, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de « bâtir une relation d’avenir qui soit apaisée », tout en soulignant que « beaucoup de choses » restent à « corriger » entre les deux pays. Selon lui, plusieurs volets essentiels – « sécuritaire, migratoire, économique » – demeurent dans une situation « non satisfaisante » et requièrent une approche plus constructive ainsi que des résultats concrets. Il a insisté sur l’importance d’un dialogue sérieux et méthodique, capable d’engendrer des avancées tangibles pour les deux parties.
Au cours des dix-huit derniers mois, les relations franco-algériennes ont été traversées par des tensions inédites, alimentées par le différend diplomatique autour du Sahara occidental et aggravées par les déclarations très critiques formulées en 2025 par l’ancien ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau. À cela s’était ajouté l’arrêt complet de la coopération migratoire, scellant un gel prolongé des échanges institutionnels entre Alger et Paris et créant un climat de méfiance mutuelle.
Des signaux de détente et une volonté assumée de renouer
Depuis plusieurs semaines, toutefois, les deux capitales semblent amorcer un mouvement plus positif. Emmanuel Macron a précisé qu’il restait « disponible pour échanger avec [Tebboune] sur l’ensemble des sujets d’intérêt pour nos deux pays », confirmant ainsi sa volonté de rouvrir un canal direct. À Johannesburg, il a rappelé qu’une rencontre « se fera au moment où on l’aura préparée pour avoir des résultats », soulignant que la reprise du dialogue devait être soigneusement préparée pour être efficace et durable.
Ce climat d’amorce de détente s’est également traduit par la visite éclair de la secrétaire générale du Quai d’Orsay, Anne-Marie Descôtes, à Alger jeudi, première visite de ce rang depuis avril dernier. Cette mission visait à préparer le terrain à une reprise encadrée des discussions bilatérales et a été suivie de la prochaine visite du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, attendue avant la fin du mois. Ce dernier a confirmé avoir reçu une invitation officielle d’Alger et précisé que les priorités de Paris concernaient la relance de la coopération migratoire, sécuritaire et économique, alors que les échanges entre services spécialisés, notamment la DGSI, étaient interrompus depuis plusieurs mois.
Emmanuel Macron a également tenu à se démarquer de la méthode prônée par son prédécesseur, Bruno Retailleau, et du courant anti-algérien, qu’il a accusé de vouloir faire de l’Algérie « une question de politique domestique française ». « Si on laisse ces gens-là de chaque côté faire l’agenda, il n’y a aucune chance qu’on avance », a-t-il déclaré. Pour le président français, la réussite de cette relance repose sur « la même méthode : le respect et l’exigence », avec constance et humilité.
« On a déjà eu des premiers résultats, et la libération de Boualem Sansal en est un premier dont il faut se féliciter », a-t-il souligné, tout en précisant que la France et l’Algérie doivent désormais s’engager dans une dynamique régulière pour traiter les dossiers sécuritaires, migratoires et économiques. « Pour moi, c’est un sujet qu’on doit régler », a-t-il conclu, envoyant ainsi un signal clair pour un dialogue apaisé et durable entre les deux pays.
Par : S.A.B.







