Depuis l’été 2024, la coopération bilatérale connaît une dégradation inédite, marquée par des crispations politiques et économiques qui n’ont toujours pas trouvé d’issue.
Lors de son entretien périodique diffusé samedi soir sur la Télévision algérienne, le chef de l’État a soigneusement évité d’évoquer directement la France lorsque les journalistes l’ont interrogé sur la récente visite, fin janvier, de Ségolène Royal à Alger. « Si tu permets et en toute démocratie, je ne réponds pas en ce qui concerne la France », a-t-il tranché, tout en multipliant les compliments à l’égard de l’ancienne ministre française, saluant « son courage, son honnêteté intellectuelle et sa franchise ». « Elle est la bienvenue », a-t-il ajouté.
Accusations voilées contre Paris sur le terrain économique
Sans jamais citer explicitement la France, le président Tebboune a néanmoins laissé entendre que certains États européens freinaient les discussions entre l’Algérie et l’UE. Il a dénoncé ce qu’il considère comme « une guerre » économique visant particulièrement les exportations algériennes, notamment le rond à béton destiné au marché européen. Tout en rappelant entretenir de « bonnes relations » avec plusieurs partenaires du continent — « italiens, espagnols, allemands, et d’autres pays » — il a accusé certains acteurs de nourrir « la haine contre l’Algérie » afin de perturber l’accès des produits algériens aux marchés européens.
Selon lui, les restrictions appliquées par l’UE, qui impose à Alger un quota trimestriel vite épuisé, contredisent les principes du libre-échange. D’où la volonté de l’Algérie d’obtenir une renégociation de l’accord d’association. Le président a rappelé des précédents historiques, notamment l’embargo français sur le vin algérien au lendemain de l’indépendance, qui avait conduit au remplacement massif des vignobles. Ils ne veulent pas comprendre qu’il ne faut pas faire du chantage à l’Algérie », a-t-il rappelé, avant de conclure : « C’est bizarre, avec les grands, on s’entend ».
Au sujet de l’éventuelle venue en Algérie du ministre français de l’Intérieur, Tebboune a renvoyé cette initiative à son auteur. « S’il veut venir, il est le bienvenu », a-t-il dit, souhaitant visiblement dissocier ce volet des tensions actuelles.
Interrogé sur le dispositif exceptionnel lié au retour de ressortissants algériens en situation irrégulière, il a nié tout lien avec les personnes frappées d’OQTF en France. « Le problème des OQTF concerne les pays d’accueil », a-t-il insisté.
Par : S.A.B.






