Les travaux de la séance plénière consacrée à l’examen d’une proposition de loi visant à criminaliser la colonisation française en Algérie ont débuté, hier, au siège de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Présentant cette initiative, le président de l’APN, Ibrahim Boughali, a souligné qu’il s’agit « d’un acte souverain à portée historique et morale, traduisant l’attachement de l’État à la préservation de la mémoire nationale et à la défense de la dignité du peuple algérien ».
Boughali a indiqué que l’ouverture de ces débats marque un moment de « fidélité à l’histoire et de conscience nationale, constituant une étape importante dans le parcours de l’Algérie moderne ». À travers ce projet, l’institution législative réaffirme son engagement envers la vérité historique, loin de toute considération conjoncturelle.
Il a estimé que la criminalisation de la colonisation française représente « une cause nationale fédératrice, dépassant les clivages politiques et idéologiques, car étroitement liée aux sacrifices des martyrs et à la dignité de la nation ».
Le président de l’APN a précisé que le projet de loi définit de manière rigoureuse les crimes de la colonisation française en Algérie et engage la responsabilité juridique de l’État français pour son passé colonial. Le texte prévoit également des mécanismes visant à exiger une reconnaissance officielle et des excuses explicites, ainsi que des dispositions pénales criminalisant la glorification ou la promotion de la colonisation.
Boughali a insisté sur le fait que cette démarche ne vise aucun peuple et ne s’inscrit pas dans une logique de revanche « mais repose sur un principe juridique et moral universel selon lequel les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles ».
Il est également revenu sur la nature du colonialisme français, qualifié de projet « global de dépossession et d’effacement, fondé sur l’accaparement des terres, le pillage des richesses, l’exclusion des Algériens et des politiques systématiques de répression, de déplacements forcés et de marginalisation », ainsi que sur les essais nucléaires dans le désert algérien, aux conséquences durables.
Boughali a affirmé que ce projet de loi constitue « un acte de fidélité envers les martyrs » et un message clair selon lequel « la mémoire nationale algérienne n’est pas négociable ». Il a souligné que la véritable réconciliation ne peut se construire que sur la reconnaissance, les excuses et l’acceptation des responsabilités, dans le cadre de relations internationales fondées sur le respect mutuel et l’égalité.
Par : S.A.B.











