Le directeur central du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Kamel Badès, a affirmé, hier, que l’État a mobilisé l’ensemble des mécanismes réglementaires et opérationnels pour stabiliser le marché national, juguler la hausse des prix des produits de large consommation et lutter contre les pratiques spéculatives.
S’exprimant sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, M. Badès a expliqué que les augmentations récentes observées sur certains produits agricoles et alimentaires découlent de facteurs multiples, combinant des manœuvres spéculatives sur le marché local, la prolifération des intermédiaires, ainsi que des contraintes externes liées à la volatilité des cours internationaux des matières premières, au coût du fret et aux tensions géopolitiques globales.
Pour faire face aux dysfonctionnements des circuits de distribution, il a annoncé la finalisation d’un projet de texte réglementaire destiné à plafonner les marges bénéficiaires à tous les stades de la commercialisation (producteurs/importateurs, mandataires et détaillants) pour les produits stratégiques, notamment les légumes et les viandes. Il a rappelé, à ce titre, la mesure d’urgence plafonnant le prix de la pomme de terre à 90 DA/kg au stade du détail.
Sur le plan opérationnel, M. Badès a fait état de la réquisition de près de 80 % des effectifs d’inspection, soit plus de 7 000 agents déployés en permanence sur le terrain, y compris les week-ends et en période nocturne. Ce dispositif priorise la vérification de l’affichage obligatoire des prix dans les marchés de gros et de proximité, dont l’absence expose les contrevenants à des poursuites judiciaires et à des propositions de fermeture administrative.
Vers le plafonnement des marges sur les viandes rouges
S’agissant des préparatifs du mois sacré de Ramadan, l’intervenant a souligné la révision en cours du décret exécutif encadrant les marges bénéficiaires sur les viandes rouges importées. Aussi, l’octroi récents de quotas d’importation aux opérateurs permettra, selon lui, d’assurer la disponibilité des stocks et de garantir des prix abordables, tout en imposant aux bouchers un affichage rigoureux distinguant la viande locale de celle importée.
Évoquant le renforcement de la démocratie participative en matière de contrôle, le représentant du ministère a mis en avant le lancement officiel de la plateforme numérique « Tawassol ». Cet outil interactif permet aux citoyens, commerçants et associations de signaler en temps réel les infractions (spéculation, défaut d’affichage, non-respect de l’hygiène, pénuries) afin d’orienter les interventions des brigades sur le terrain. Détaillant le bilan des neuf premiers mois de l’année en cours, le même responsbale a fait part de l’exécution de plus de 2,43 millions d’interventions (+19 % par rapport à la même période de l’année précédente), ayant donné lieu à la constatation de plus de 167 000 infractions. Il a toutefois noté un recul substantiel des dossiers liés à la spéculation illicite (passés de 40 à 17 PV), illustrant l’impact dissuasif du cadre légal en vigueur.
Par : Akram Ouadah









