Des femmes portant dans leurs cœurs les traditions de leur ville, Constantine, se sont lancées dans une initiative pour ressusciter la «mlaya», l’habit traditionnel de l’antique Cirta. Pour la 4ème année consécutive, elles se sont donné rendez-vous, à l’occasion du Mois du patrimoine, au jardin de Sousse, un joyau de la nature et de l’architecture, implanté au fond du ravin, traversant les profondeurs du pont suspendu et du pont de Bab El Kantara.
La fête a rythmé une belle rencontre dans ce lieu magistral où se sont entremêlées culture et traditions. Dans un décor typiquement constantinois, composé de gâteaux et de confiseries sur fond de chants, de youyous et de musique andalouse chère à la ville des Ponts, les participantes se sont rassemblées pour symboliser le retour de la mlaya. Le décor est fait pour faire de cet habit l’événement du jour à l’occasion du Mois du patrimoine. L’ambiance n’a d’ailleurs pas manqué, rappelant les souvenirs d’une ville autrefois entièrement couverte de son habit emblématique, la «mlaya» noire, portée sans distinction par les femmes.
Principale initiatrice de ce rendez-vous, Ahlam Zedjadj, ne cache pas sa fierté d’avoir contribué à cette tentative de retour aux sources de la ville de Constantine. Activiste culturelle sur plusieurs fronts, cette femme, qui anime plusieurs groupes Facebook, dont «Les anciens étudiants de la fac centrale» et «Les anciens du lycée El Houria», affirme sa volonté de sortir du virtuel pour investir le réel, selon ses propres termes.
D’ailleurs, c’est elle qui organise cet événement avec ses amies, lesquelles, sous leur mythique habit noir, ont tenu à improviser «Kahwat El Assar», chère aux familles constantinoises, au jardin Sousse. «Tout est préparé sous le pont pour mettre en valeur notre belle ville», dira-t-elle. Habit traditionnel des femmes constantinoises et de la région Est du pays, la mlaya a toutefois disparu au profit d’une tenue vestimentaire adoptée pour des raisons religieuses : le «hijab», qui couvre les femmes selon les règles islamiques.
Bien qu’elle les recouvre entièrement, la mlaya a été délaissée par les femmes au profit de cet habit qualifié de religieux. Les nostalgiques de la belle époque des traditions de Constantine et des autres villes du pays ne cachent d’ailleurs pas leur désir de renouer avec l’authentique habit algérien, qu’il soit féminin ou masculin.
Par : Amor Z












